NOTES


MONDIALISATION CRIMINELLE

frontière franco-espagnole de La Junquera à Perpignan

De Alain Tarrius et Olivier Bernet

1ère PARTIE

Alain Tarrius

Transmigrations d’habitants des Balkans, du Caucase, du Moyen-Orient vers l’espace Schengen et naissance de l’économie mondiale du poor to poor –pour les pauvres par les pauvres-.

1. Voir http://www.cnrs.fr/fr/pdf/jdc/273/  le grand entretien ( Juillet-Août 2013)

2. Laurence Fontaine, L’économie morale: pauvreté, crédit et confiance dans l’Europe préindustrielle, Gallimard, 2008.

3. Dans le sens donné par Fernand Braudel aux installations par des puissances étrangères de périmètres commerciaux -des villes portuaires entières parfois- sur le pourtour méditerranéen pré-industriel, et aux nouvelles circulations qui en découlaient. La ville-colonie était souvent guerrière: les circulations, les nouveaux marchés ouverts à ces occasions, en dehors des comptoirs, étaient porteurs d’apaisement.

4. Enquête de 1984 à 1987 , voir «L’entrée dans la ville: migrations maghrébines à Marseille et à Tunis» in Revue Européenne des Migrations Internationales, vol 3, n°1, 1987. («Google/Persée/REMI 1987.3.1/ Tarrius», texte in extenso). Trois cent cinquante petits commerces «enfouis» dans ce quartier à l’abandon réalisent, en mobilisant 6’000 personnes environ (vendeurs, démarcheurs, accompagnateurs…), un chiffre d’affaires proche de trois milliards de francs par des ventes compensant les difficultés d’importation des nations maghrébines, l’Algérie en premier lieu: sept cent mille Maghrébins font un ou plusieurs voyages vers Marseille chaque année. Les commerçants et leurs associés déploient des mobilités internationales qui génèrent de nombreux autres «comptoirs» en Europe et suggèrent une sorte de territoire transnational maghrébin.

5. Depuis 1989 et le refus, par le gouvernement algérien, des résultats des élections qui auraient porté au pouvoir le Front Islamique du Salut, les commerçants de Belsunce se trouvaient soumis à la double pression du FLN, via l’Amicale des Algériens en France, et de l’ « impôt révolutionnaire » réclamé par les militants du FIS passés à la clandestinité : le cosmopolitisme requis de leurs commerces en situation d’échanges multiples, devint intenable : les fonds de commerce furent cédés à la «migration montante» des Marocains.

6. De préférence hébergés dans des quartiers enclavés peuplés de migrants des années 60-70. On lira les travaux d’Alain Battegay sur la Place du Pont à Lyon. A partir de 1993 j’emploierai le terme de transmigrants, ou de «migrants nomades», pour désigner ces circulants ni im- ni é- migrants et j’étudie le quartier St Jacques de Perpignan.

7. Nancy Spinouza signale, dès 1994, la présence de «mamas Benz» Sénégalaises parmi les transmigrants. Des migrations féminines internationales «non nomades» étaient déjà apparues en Italie (Erythréennes à Naples).

8. Alain Tarrius et Lamia Missaoui, Les nouveaux cosmopolitismes. Mobilités, altérités, territoires. L’Aube, 2001;

9. Fatima Lahbabi , thèse de sociologie, Toulouse le Mirail Migrantes marocaines en Espagne et travail du sexe.2001. Pilar Rodriguez Martinez, Fatima Lahbabi Migrantes y trabajadoras del sexo, Del Blanco, 2004.

10. Après les exactions contre les travailleurs clandestins marocains des cultures sous serre d’el Ejido (Andalousie-2001), des femmes des Balkans apparurent dans leurs regroupements d’habitat-gourbis (chabolas), prenant la relève de Marocaines: «C’est mieux ainsi, les musulmanes ne convenaient pas à leur intégration» nous (Fatima Lahbabi, Alain Tarrius) dit un commissaire territorial local. Fatima Lahbabi, Pilar Rodriguez Martinez, Migrantes y trabajadores del sexo, Del Blanco, editores.2004.

11. Alain Tarrius, La remontée des Sud. Afghans et Marocains en Europe méridionale, L’Aube, 2007 .

12. Nous n’entrerons pas dans le débat sémantique «travailleuses du sexe» versus «prostituées»; nous emploierons l’une ou l’autre dénomination et aussi la plus usuelle lorsque ces femmes parlent d’elles mêmes: «nous sommes des putes». Le nom d’un célèbre restaurant de Sao Paulo a été repris dans de nombreuses villes espagnoles: Las Putas.

13. Et évidemment hors contingentements grâce à la collaboration des transmigrants. La distribution horizontale «entre pauvres» et les détaxes totales permettent une vente des désormais prépondérantes productions «entrée de gamme» à moins 60% des prix grande distribution officielle. Ex le coolpix du prestigieux Nikon à 70 € grande distribution se négocie autour de 30 € en poor to poor.

14. Alain Tarrius Migrants internationaux et nouveaux réseaux criminels, Trabucaire, 2011. Les enquêtes dans les clubs prostitutionnels espagnols furent possibles après ma participation en juillet 2006 au XIXème Congrès des Polices Urbaines Démocratiques Espagnoles, à Barcelone. Les organisateurs me confièrent la conférence d’ouverture, où je dis tout le bien que je pensai de leur gestion négociée des espaces urbains fréquentés par les travailleuses du sexe. Cette présence me valut la sympathie de nombreux commissaires territoriaux, ceux-là même qui encadrent cette tolérance ; c’est dans ce contexte que j’entrepris ces enquêtes, décrites plus avant dans ce livre, afin de reconstituer les trajectoires de ces femmes (2007-2010). Je retins 15 «modèles type» dont cinq, particulièrement représentatifs de la voie espagnole. Ces enquêtes furent complétées par complétées par une investigation dans les ports de la Mer Noire, puis par une enquête rapide auprès des femmes en transit, entre Espagne et Allemagne, en France, par routes et autoroutes dans le triangle Avignon, Arles, Nîmes (2012). A partir de 2013 et durant deux années, mes investigations se portent sur cette population, accompagnée de parentèles d’origine, le long des routes françaises (programme interministériel Laboratoires d’Excellence, Structuration des Mondes Sociaux, thème «mobilités, migrations et réseaux»).

15. Mais aux apparences fortement différenciées: l’invisibilité des liens, entre elles, garantit à chaque population un traitement différent des diverses autorités concernées par leurs activités, alors que bien des problèmes liés à leur expansion naissent de leur complémentarité financière.

16. Détournement de la «morale des échanges interétatiques» par les majors du S-E Asiatique, mais pas par les migrants-colporteurs de l’entre pauvres ou poor to poor qui réalisent un commerce sur l’honneur, la parole donnée.

17. J’ai investi cet aspect des économies souterraines dès les années 1995, à l’occasion de recherches sur la situation sanitaire des Gitans de Perpignan, puis sur le rôle des «fils de familles» sud et nord catalans dans les trafics transfrontaliers d’héroïne et de cocaïne (livres édités à Trabucaire, 1997- 1999, 2000).

Transmigrations féminines pour le travail du sexe

1 – La Mer Noire, matrice des transmigrations féminines des Balkans et du Caucase vers l’Espagne et les nations nord-européennes.

18. Entretiens en Espagne, alors que ces jeunes femmes travaillent dans des clubs prostitutionnels. J’ai choisi leurs propos parmi ceux des 120 femmes rencontrées et des 15 «typologiquement représentatives » des 5 trajectoires types, pour leur facilité à détailler les situations clefs de leurs transmigrations et à livrer des analyses précises… dans leur propre langage. Mes écrits ne consistent donc pas à transcrire dans un métalangage sociologique leurs dires mais à citer leurs propos clairement descriptifs/ ou et/ analytiques (verbatim). Propos transposés d’un «broken english» rudimentaire pour Magdalena, Irina et Sofia, intégrant des éléments de catalan et de castillan, et de l’italien littéraire pour Sardinella, qui m’a souvent écrit de longues lettres. Nombre de ces propos sont repris de Migrants internationaux et nouveaux réseaux criminels, Tarrius A , Bernet O, Trabucaire, 2010, et Transmigrants et nouveaux étrangers, Tarrius, Missaoui L, Qacha, PUM 2013. Nos entretiens ont toujours été empreints de respect et d’affectueuse curiosité réciproque. 43 de nos interlocutrices, avec qui les échanges ont été riches, sont demeurées de précieuses informatrices (e-mail, Skype,…). Nos relations par TIC (techniques informatiques de communication) avec 15 d’entre elles, les plus représentatives des modalités transmigratoires, sont mensuelles.

19. Enquêtes Katia Vladimirova et Alain Tarrius, Sofia, University of National and World Economy, 2007.

20. L’héroïne afghane de bonne qualité est cédée autour de 8€ le gramme à Trabzon, douze à quinze euros en Bulgarie… et quarante € en Italie et Espagne. Les plus values successives tirées de ces différences de valeurs nourrissent le blanchiment par les transmigrants de l’électronique: ceux-ci parlent ironiquement de «moins values positives» et , réinjectant les bénéfices du blanchiment par le commerce de leurs marchandises parviennent à baisser leurs coûts au fur et à mesure de la transmigration européenne (traversée de la Mer Noire vers les Balkans, puis passage de la Mer Adriatique vers l’Italie). Sans jamais «toucher à la drogue»…

1.3. Prendre la route par l’école buissonnière: Sardinella.

Verbatim:

2 – L’Italie du Sud, cocaïne et nouvelle hiérarchisation.

2.1. Verbatim:

21. Quatre niveaux de clubs: les établissements de luxe (Irina et Sofia), les clubs réservés aux touristes et aux Espagnols fortunés, les clubs «pour camionneurs», jeunes et personnes peu fortunées, bordant les autoroutes, et enfin les «abattoirs» surtout pour clientèles de travailleurs étrangers.

22. Expression évidemment reprise des «malgré eux» alsaciens, hostiles à leur participation à la guerre contre la France, mais enrôlés dans l’armée allemande.

2.2. Territoires circulatoires 23: route des Sultans, puis «route en pointillés»; étapes enclaves.

23. On lira en annexe l’explicitation des notions utilisées pour visualiser et analyser les circulations des transmigrantes.

24. Langue composite, sur une texture d’anglais, permettant une relative compréhension entre Moyen-orientaux et Européens. Les personnes concernées disent: «brokens», langues ‘cassées’.

3 – L’Espagne, la marchandisation boursière des femmes, trajectoires, accompagnements.

Verbatim.

25. Après avoir garé leurs voitures dans le parking sous les fenêtres de Sofia, qui notait les immatriculations, et nous communiqua une liste de «66»: «parce que tu connais bien le pays et tu es sympa» …

26. Fatima Lahbabi évalue à 25 000 travailleuses marocaines l’effectif en club en 2002, dont 17’000 pour la seule Andalousie. Pilar Rodriguez Martinez, Fatima Lahbabi, migrantes y trabajadoras del sexo, Del Blanco, 2005.

4. Arrivée des accompagnants et stratégies «parentérales» de retour.

27. Réseaux 28.159/2010. Les migrants connectés; TIC, mobilités et migrations. s/d Dana Diminescu.

28. Sur les accompagnements et les modalités de poursuite de la transmigration, nous menons une recherche depuis janvier 2013, Labex «migrations et réseaux», LISST, Toulouse le Mirail.

29. Evaluation au cours des enquêtes avec l’université d’Etat de Sofia: 11’200 ; nous prenons la base 10 000 pour simplifier la présentation: les chiffres et proportions sont approximatifs (>10%).

2ème Partie.

Quand les mafias russo-italiennes des drogues apparues avec la prostitution en Catalogne Sud subvertissent un espace politique et administratif clientéliste français en Catalogne Nord30.

Alain Tarrius, Olivier Bernet

30. Nord de la Catalogne historique inclus dans le département des Pyrénées-Orientales.

31. Enquêtes 2011- 2012 pour le PUCA sur les hospitalités croisées entre réseaux de transmigrant/e/s et jeunes de quartiers enclavés français. Alain Tarrius, Lamia Missaoui, Fatima Qacha, préface Ahmed Boubeker, Transmigrants et nouveaux étrangers. Hospitalités croisées entre jeunes des quartiers enclavés et nouveaux migrants internationaux. PUM, 2013.

32. D’environ 120 000 en France et 300 000 en Europe en 1998, les transmigrants du poor to poor sont actuellement plus de 200 000 à traverser la France et 600’000 l’Europe chaque année.

1. «Moral area», une clef pour l’analyse des continuités entre échanges souterrains et officiels, masqués et affichés, sans interposition d’une «bonne morale» réductrice.

33. Ulf Hannerz, 1982, affirme que cette notion est la plus partagée, toujours contemporaine, par les sociologues de la ville qui se reconnaissent proches de l’Ecole de Chicago. La notion est explicitée dans : Park R.E., 1955.

34. Le «mouvement des jeunes socialistes», se réclamant d’Hegel, avait gagné Chicago dès la fin du XIXème.

35. Traduction littérale de concepts des deux auteurs cités. Les néologismes allemands sont souvent formés par la juxtaposition de mots usuels, et moins, comme dans la tradition française, de mots nouveaux.

36. L’analyse marxiste inspirait également Robert Ezra Park qui considérait la circulation de l’argent comme un aspect important de la moral area. Economies de l’argent et du désir étaient étroitement intriquées, de «l’encore-enfoui» au manifeste (du jeu d’argent à la banque…): continuités clivées par la commode morale bourgeoise. Cette intuition sera autrement approfondie par l’Ecole de Francfort, dans les années 50. Herbert Marcuse, en particulier, reformulera la théorie de la troisième dimension, in Eros et Civilisation, 1957.

37. Yves Winkin,1989. Ouvrage essentiel à la compréhension de Goffman, qui a récemment enrichi –interactionnisme symbolique- les approches de l’Ecole de Chicago: Erwin Goffman, 1983.

38. Des clubs prostitutionnels ou «puticlubs» tolérés et légaux ont ouvert, nombreux, dans ce petit village sud-catalan frontalier entre Catalogne-Nord («française»), capitale Perpignan, département des Pyrénées-Orientales, et Catalogne Sud, («espagnole») capitale Barcelone, ou la Principat: ces puticlubs comptent environ 80% de femmes originaires des Républiques balkaniques et caucasiennes (50% dans l’ensemble du Levant ibérique). La Junquere et sa proche campagne comptent 8 clubs, 462 prostituées, 223 en intérieur et 182 en extérieur, pour 2’800 habitants. Ce village est aussi centralité européenne des passages-et-arrêts routiers et autoroutiers (80’000 passages quotidiens de véhicules dont 20’000 camions), 3’600 arrêts journaliers de camions, avec environ 5’000 conducteurs de toute l’Europe: 1ères ventes européennes de gazole….

39. Dominique Sistach développe fort opportunément cette notion, que je lui emprunte volontiers.

40. Une étude commanditée par l’exécutif départemental 66 consacre à cet «arrêt sur images et morale commodes». Sans analyser les rôles de l’argent, des drogues, des bourgeois locaux, des mafias russo-italiennes, des hommes de main géorgiens, des camionneurs complices, de la perversion clientélique de l’action publique locale, il ne reste qu’à stigmatiser les femmes visibles près des carrefours, sans même leur parler : en elle-même la méthode, qui refuse la communication avec ces femmes, génère le stigmate, l’ostracisme, et donc est irrecevable. Comment dire à ces chercheurs : «ces jeunes femmes parlent, vivent, aiment, comprennent, malgré l’exploitation sordide de leurs corps: les pages précédentes le montrent, elles savent parler d’elles-mêmes. Il suffit d’entrer en conversation avec elles comme avec des êtres humains qui ont des noms, des prénoms, de la mémoire et des projets. Les Sardinella, Irina ou Magdalena sont légion». Les adolescents, prétextes à indignation, les aperçoivent, à l’occasion d’un passage…images anodines et éphémères si on les compare au spectacle autrement salace du porno-internet, d’accès plus fréquent et facile, dans les Pyrénées Orientales ou ailleurs. Pourtant l’exécutif 66, connaissait nos recherches (bien moins promotionnelles) lorsqu’il a préparé sa piteuse étude et l’a politiquement exploitée au Parlement français.

41. Je venais de terminer avec Lamia Missaoui la rédaction-publication de Naissance d’une mafia catalane ? fils de «bonnes familles» locales dans le trafic transfrontalier de drogues… Trabucaire, 2000, intrigués que nous étions par la dissimulation de la forêt bourgeoise des dealers derrière un arbre gitan; c’est alors que nous avons rencontré ces nouveaux et nouvelles venus de l’Est à la Junquere: il y a douze ans…

42. Alain Tarrius.

43. Choix de clubs médians (environ 50 femmes dont 50% est européennes), les plus nombreux dans tout le Levant ; le rapport entre revenus prostitutionnels/ revenus des drogues (70%) est identique dans les petits et grands clubs.

44. Cette méthode devait nous garantir une projection des résultats sur les 272 clubs. Ces résultats [notamment les ratios argent de la prostitution/ argent de la drogue], renseignés par les interlocutrices et surtout, pour la drogue, par les commissaires territoriaux, se révélèrent particulièrement stables (70%), quels que soient les effectifs et les localisations des clubs; c’est ainsi que nous pouvons avancer les montants qui suivent (1,2 milliards € pour la prostitution et 1,7 pour la drogue) . Cette méthode (mesures «méso») était évidemment garante des extrapolations sur l’ensemble du Levant (macro) mais aussi sur le dispositif de La Junquera (micro).

45. Pour nous le rapport du sociologue aux populations qu’il aborde en interaction, quels que soient leurs statuts, est affectueux et perdure souvent comme amitié. Cette tradition, ‘tout simplement humaine’ (Naville), est aussi ancienne que la sociologie elle-même et  méthodologiquement maîtrisée. Elle scandalise les bureaucrates, hommes de pouvoir comme chercheurs sur écrans d’ordinateurs, qui confondent froideur distante et objectivité.

46. L’autonomie dans le choix des terrains, la liberté d’investigation et de publication, dans leur domaine, des Professeurs d’université est rattachée à l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, préambule des Constitutions françaises, comme garante de la démocratie : CC 83-165 DC 20.01.1984 et CC 93-322, DC 28.7.1993, comme résultantes de l’article 34 de la constitution de 1958 et 11 de la DDHC de 1789.

47. Signalons que nous avons été l’objet de la part d’un service départemental 66 de pressions par de graves diffamations pendant une phase de recherche, exposée plus avant, (Service d’Aide à l’Enfance 66). L’enjeu était la non publication de ces travaux décrits comme «dangereux pour l’institution». Déjà en 2000 de telles tentatives avaient visé l’interdiction, puis l’occultation, de nos recherches sur les fils de bonnes familles dans les trafics transfrontaliers de drogues; recherches jugées «dangereuses pour le moral des populations». Evidemment: nous démontions la commode désignation des Gitans comme trafiquants quasi-exclusifs des drogues. Nous avons vécu des relations nauséeuses avec l’exécutif 66, que nous ne cacherons pas dans cet ouvrage.

3. Femmes et Drogues: une réorganisation de réseaux criminels. Les placements des bourgeois-rentiers catalans.

48. A la différence des investisseurs espagnols qui opèrent en toute légalité (puticlubs légaux), les bourgeois français, surtout perpignanais, à la recherche d’une rente par des placements dans les puticlubs dotés de très forts intérêts (jusqu’à 19%) masquent leurs identités ou ne déclarent qu’une partie légale (5,5%) des revenus de leurs investissements auprès de banques en ligne; une part, occultée, étant payée de la main à la main. Avant 2011 ils investissaient directement et anonymement auprès de chaque puticlub. L’apparition des Géorgiens, marqueurs de l’exploitation directe par les milieux criminels russo-italiens, correspond à une gestion nouvelle centrée sur les blanchiments de reventes intenses de psychotropes opiacés (d’Afghanistan, Turquie, Géorgie, Russie) et les placements internationaux auprès de banques en ligne très implantées au Moyen-Orient. Sur les 200 millions d’€ absorbés annuellement par les puticlubs du Levant pour le blanchiment de l’argent des drogues (complément), 4 environ viennent des Pyrénées Orientales assurant environ 720’000€ de revenus, dont 220’000 légaux.

49. Attention aux chiffres qui suivent : ces femmes ne sont pas présentes en même temps dans les clubs et leurs environs mais sur 24 heures (le flux des camions est continu…) il faut diviser par 2,5 ou selon les moments par 3,2 les chiffres donnés pour obtenir (à peu près) la présence instantanée.

50. Pour l’un de ces réseaux, le Ribéral, nous avions gardé de précieux informateurs de nos recherches précédentes (1997- 1999- 2000-2003- 2007 -2010).

4. Les camions de La Junquere: étape, centralité autre.

51. Les règlementations imposent des relais de conduite ou des arrêts prolongés pour des itinéraires longs. La rapidité de livraison étant inhérentes aux transports routiers bon nombre d’affréteurs choisissent la double conduite.

5- Lucas52: l’usage de méthamphétamine53, speed, par un jeune adolescent sous protection du département des Pyrénées Orientales, en contexte fortement clientélique. Un cas emblématique.

52. Pseudonyme, évidemment.

53. La double écriture «méthamphétamine» ou «métamphétamine» étant usuelle, nous choisissons la première, pratiquée par l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT).

5.1. Clientélisme populaire et dépendances entre pouvoirs politiques et familles clientes.

54. Les parentés entre élus et personnels non qualifiés de petit et moyen niveau de l’exécutif départemental sont très nombreuses; des cadres, échappant aux nominations népotiques pour cause d’études supérieures spécialisées, sont souvent désavoués par l’exécutif politique ultime, dès lors qu’est contesté un «neveu». Le secteur «culturel» du CG66 nous a souvent été désigné comme représentatif de ces situations.

55. Contrairement aux recrutements de titulaires des collectivités locales, favorisant les proches politiques et leurs parentés.

56. La fréquence du phénomène nous a surpris : l’appel aux familles socialement assistées pour la prise en charge, telle une prestation sociale (le social nourrit le social), d’un ou deux enfants génère ces situations. Nous développerons ces analyses dans une prochaine publication, lorsque sera entièrement dépouillée l’enquête que nous avons menée sur l’ASE66 (cf. infra).

57. Formule sans appel pour condamner comme immature voire immorale toute manifestation d’affection pour tel ou tel enfant susceptible de mettre en danger les revenus de la manne clientélique,….. Quant à nous, nous revendiquons la légitimité du lien affectif amical (voir plus avant) comme modalité humaine majeure de communication et d’échange respectueuse de l’autre. Affection réciproque pour Sardinella, Lucas, et tant d’autres. Cette dimension de la communication -empathie- est intégrée/ maîtrisée et préconisée systémiquement par des approches sociologiques et anthropologiques depuis plus d’un siècle.

5.2. Quand le «terrain» contraint le chercheur: irruption du sens.

58. Dans les cas, peu nombreux, mais celui-ci se révéla particulièrement opportun, où l’élucidation d’une micro-situation éclaire un macro-fonctionnement institutionnel (thèse d’I. Goffman et de René Lourau). Il y a souvent une part d’aventure de recherche dans les méthodologies suggérées par Lourau. Bien moins chez Goffman.

59. Dans ce lieu et simultanément dans deux autres collèges villageois: six observations en deux semaines par six personnes, lundi mardi et jeudi de 16 à 18 heures 30, à 2 x deux chercheurs ou 1 chercheur+1 informateur, avec trois voitures. Lucas a fait signe la deuxième semaine, jeudi à 16 heures. Il avait probablement aperçu le chercheur qu’il connaissait le lundi précédent, (observation vitre du conducteur baissée à cause de la pluie). Trois collèges, furent simultanément l’objet de ces observations (2 observateurs par établissement).

60. Et aussi l’autoproduction locale, avec quelques ventes, de cannabis de qualité.

61. Qui apparaissent très rapidement dans le cas de «snif» de méthamphétamine, sans pour autant signifier une addiction. Le speed-meth (12€ gr) produit, avec plus de rapidité les effets et les stigmates de la cocaïne (60€ gr).

62. Longue antériorité de recherches sur les trafics de psychotropes et collaboration avec la revue http:/ /Toxibase/ hôpital Marmottan/ (de jour pour addictions) et laboratoire cnrs. Voir n° de «Théma»-Toxibase 2004 consacré à, A. Tarrius «circulation des drogues et des migrants» (deuxième diffusion 1992-2008). La rencontre eut lieu à l’initiative de l’ASE alertée par l’assistante maternelle affolée en apprenant l’observation par le chercheur de l’adolescent dans cet état. Le chercheur transmit le signalement écrit directement avant la rencontre. Déçu par les échanges où l’ASE feignit d’ignorer l’usage de psychotrope, il expédia le signalement en recommandé immédiatement après.

63. Fin février, un mois après l’observation-signalement, il fut aperçu auprès du vieux dealer par une enquêtrice.

64. Lucas, réalise le portrait type de l’adolescent en déshérence, sensible aux premières consommations de psychotropes au collège, comme on le note actuellement. Sophie Le Garrec, Ces ados qui en prennent, PUM, 2006.

65. Nous devons dire à quel point il est nécessaire de saisir les autorités judiciaires et policières de telles situations, que l’enfant ou ses accueillants soient proches ou non. L’erreur du chercheur fut de croire que l’ASE le ferait: la présence de l’informateur, la méconnaissance, alors, du fonctionnement de l’ASE et le stigmate physiologique de prises répétitives, (cloisons nasales) donc aux causes identifiables dans la quinzaine, le dissuadèrent d’alerter immédiatement la gendarmerie, située à quelques centaines de mètres. Erreur qui se révéla être une faute dès lors que nous identifiâmes le fonctionnement de l’ASE.

5.3. Les distributions nouvelles des drogues chimiques.

66. Alain Tarrius, Fin de siècle incertaine à Perpignan, drogues…etc.., Trabucaire, 1999.

67. Ces dénominations varient : speed est un terme quasi-générique, excluant l’ecstasy (MDMA), pour désigner les amphétamines, synonyme souvent de meth, méthamphétamine, de type poudre et de qualité médiocre. Nous emploierons speed pour désigner la méthamphétamine de basse qualité, comme le font les dealers locaux. Enfin, de temps en temps il passe des NPS (nouveaux produits de synthèse) depuis Barcelone, dont des méthamphétamines, « dirigés vers un public jeune et novice » (note de l’OFDT juin 2013) et peu décelables en consommation espacée.

68. Le dernier rapport de l’EMCDDA (ou Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies) 2013, signale pour la France entière une consommation de 0 à 0,5% de la population des toxicomanes, et pour l’Espagne de 1,5% avec un pic de 4% à Barcelone, et au-delà chez les moins de 20 ans. 67% le consomment en sniff. Le ‘trop plein’ relatif de ‘meth’, à Barcelone, lieu de production, se déverse donc dans le Roussillon à très bas prix grâce à d’anciens réseaux communautaires transfrontaliers.

69. Et un camarade du voisinage immédiat, premier destinataire. Les consommations de Lucas étaient très irrégulières et semblaient correspondre à des périodes de grande tension dans la fratrie ou dans la famille d’origine.

70. Les courriers mensuels envoyés à l’ASE durant cette période par le chercheur avaient bien sûr un but informatif mais encore contraignaient les personnels concernés à maintenir une attention particulière à l’enfant. Le contrôle toxicologique de Lucas cinq mois après, en juin 2012 (appris par hasard en juin 2013) relève d’une farce et n’est compréhensible que comme tentative d’autoprotection: «on a vérifié». Que des milieux médicaux se soient prêtés à cette facétie en dit long sur les incompétences locales.

71. Au fur et à mesure des entretiens, des témoignages nous parvenaient d’autres familles (+43). Nous en avons retenu 27, conformes à notre échantillon de base, par élimination de 16 familles biologiques.

72. Les entretiens avec ces jeunes personnes, dont je livre un aspect -prostitution- plus avant, ont provoqué un complément d’investigation auprès de 31 autres anciens pensionnaires. Voir l’ avant dernière note § 5-5.

73. Nous rangeons dans la catégorie «rumeur» toue assertion non vérifiable, fut-elle crédible.

74. Nous ne pouvions emprunter toutes les directions de recherche que le terrain nous suggérait; nous aurions rapidement quitté le cadre imparti par nos programmes. Par exemple une question méritant approfondissement se présentait souvent: la satisfaction des clientèles (« fourniture d’enfants ») implique-t-elle une mise sous protection minimale, conduisant à une inflation d’enfants, retirés à leur milieu plus que nécessairement ?

75. Le travail d’assistantes sociales et d’éducateurs affectueusement attentifs à la personnalité des enfants placés et à leurs parents est une réalité constante de terrain. Mais le clientélisme ambiant est source pour eux /elles de fatigues intenses dès lors qu’interviennent des décisions arbitraires redevables des liens clientéliques.

76. Il y a bien des décennies que les sociologues ont compris qu’ils sont dans les typologies contextuelles (cf Alfred Schütz: Le chercheur et le quotidien, Méridiens-Klincsieck, 1987 -1971, Naville, Goffman, etc, etc..).

77. Très récemment, par exemple, avec des informateurs sud-catalans, afin de les assurer que nous ne cherchons pas à connaître l’identité des bourgeois-rentiers 66 qui investissent dans les puticlubs, ce qui relèverait d’une enquête policière et non sociologique ; l’objet de notre compréhension est le mécanisme présidant à ces investissements.

78. Dans Fin de siècle incertain à Perpignan,…Trabucaire 1999. Le dialogue tendu, ne fut jamais interrompu avec le Maire d’alors, qui disposait, il est vrai, d’une toute autre culture.

79. Quant il s’agit de familles recommandées et protégées par des élus municipaux ou cantonaux du «bon parti». A une enquêtrice qui demandait à une assistante maternelle bien en cour si elle avait eu une formation ad hoc, celle-ci rétorqua (enregistré): «si tu es trop curieuse j’en parlerai à l’ASE, qui te fera vider de ta faculté». Rien moins. Déclaration à une enquêtrice qui s’étonnait qu’un enfant de douze ans ne reçoive pas son argent de poche mensuel, comme prévu. «mes enfants on leur a jamais rien donné, alors c’est pas ces voyous qui vont nous faire les poches» (enregistré).etc, etc,…

5.4. Le «pouvoir absolu» des responsables institutionnels du clientélisme politique.

80. La rumeur sur une déficience intellectuelle du responsable de recherche (rédacteur de ce texte) fut lancée, au moment même où le Journal du CNRS éditait un «grand entretien» sur ses programmes 2000-2014. Le grand entretien concerne, dans cette publication, les médaillés Fields et scientifiques «durs» une fois l’an, et, rarement, des sociologues de grande notoriété. Trois employés de l’ASE 66 inaptes au dialogue décrivent comme « déficient intellectuel », un chercheur mis en exergue au même moment par le CNRS, avec qui il collabore depuis plusieurs décennies : où est l’erreur? voir http://journalducnrs/273/ pages centrales, juillet-août 2013. Salir, mentir, punir, interdire (cf Michel Foucault). Cela ne pose aucun problème à ces personnels départementaux, le monde de la recherche est totalement extérieur, donc insignifiant, à leur univers clientélique clos. Et d’autre part ils sont persuadés (propos maintes fois enregistrés) que leur parole fait acte de police et de justice.

81. En quelque sorte au constat par des chercheurs, et au signalement consécutif, de consommation d’une drogue chimique très dangereuse par un jeune adolescent (13 ans), le responsable de l’ASE, pour «étouffer l’affaire», répondait par une sorte d’équivalent symbolique, prédation d’enfant par un déficient mental «déguisé» en chercheur. Voilà qui est possible dans cet univers délétère.

82. Le sentiment d’auto-puissance est souvent partagé par des personnels de tous niveaux : l’assistante sociale qui nous dit «la justice c’est nous» alors que nous lui faisions part de notre étonnement devant les dissimulations de délits qu’elle assumait, ajoutait plus avant dans la conversation: «les juges sont ailleurs, quelque part dans des nuages, et les gendarmes ont trop de contraventions à distribuer.(…) c’est nous qui gérons tout.»

83. Par exemple si Lucas décidait de se plaindre de sa situation il «bénéficierait» de l’aide d’un avocat d’une association récemment constituée (9 avocats) par… le Conseil Général…

84. Yves Barel analyse les réapparitions ou survivances en micro systèmes de formes historiquement dominantes et défaites, Le paradoxe et le système. Essai sur le fantastique social, PUG, 1979.

85. Dont le droit de récusation des « experts-maison » et la possibilité de saisir des médiateurs indépendants.

5-5. Poursuivre la recherche locale?

86. Il n’y a rien à ajouter au thème, central chez Jean Paul Sartre, de la mauvaise foi.

87. Lamia Missaoui et Alain Tarrius, Naissance d’une mafia catalane ? les jeunes de « bonnes familles » locales dans les trafics de drogues…, Trabucaire, Recherches en cours, n°1, 1999, 10€, toujours disponible chez l’éditeur.

88. Le chercheur avait contribué bénévolement durant 17 après-midis, d’octobre 2007 à mai 2009, à l’animation d’un lieu de vie pour enfants de 5 à 9 ans (il était administrateur-fondateur et avait, notamment, conçu la partie «activités d’environnement» du projet d’animation): repas collectifs, accompagnements sur tracteur agricole, ballades en montagne à la recherche d’introuvables champignons, fabrications de pains dans un four à bois. Ce lieu de vie étant réservé à des enfants placés en familles d’accueil, offrait de courts séjours, de deux jours à une semaine, à sept d’entre eux en rotation sur une trentaine concernés. Lucas, et deux de ses frères placés dans d’autres familles d’accueil, se retrouvaient là; le chercheur les accueillit sur son tracteur ou en promenade à six reprises, discutant avec eux plus de vingt heures: Lucas, l’aîné, suivi de deux de ses frères, toujours étroitement unis, saisit l’occasion d’une promenade en montagne, en 2009, pour confier longuement, avec une émotion proche de l’abréaction, son mal être dans sa famille d’accueil (contexte d’agressions sexuelles par un fils de la famille, ante et post passage à l’acte) et sur de très douloureux antécédents, quelques années auparavant, dans sa propre famille. Le chercheur l’avait écouté et assuré de son soutien en cas de nécessité. Une sorte de pacte était ainsi conclu, incluant le secret des échanges et la fidélité d’un lien de confiance réciproque signifié par la confidence faite par l’enfant et son écoute acceptée par l’adulte. Ironie du sort, ce ‘pacte’, comme en concluent parfois des enfants en souffrance, était actualisé trois années après et permettait le développement de l’analyseur institutionnel face à une administration affolée par une rencontre d’un quart d’heure entre le chercheur et Lucas.

89. Une pré-enquête détaillée (origines et détermination des trajectoires des jeunes de 18-25 ans ; composition de ce monde prostitutionnel; activités associées; sociabilités ; mobilités) est exposée plus avant.

6. «Entrer / sortir/ circuler».

6.1. Fin de «voyage» de «première boucle».

90. A prévoir courant 2015. Les traversées des sociétés locales et les scénarii qu’elles inspirent seront du bilan…

6.2. Quand le voyage continue.

91. Parentèles = parentés cognitives et non linéaires. C’est-à-dire dans le cas des villages et quartiers urbains d’origine, d’accompagnants parents reconnus mêlés à des proches des familles. 2/3 de ces accompagnants sont des femmes.

7.  Les stratégies des milieux criminels en matière d’expansion des réseaux de drogues et de prostitution.

92. Non pas à partir d’accords explicites ou de connivences négociées, mais, on l’aura compris, par parallélisme des modalités de fonctionnement.

93. Voir, Tarrius, Missaoui, Qacha , Transmigrants et nouveaux étrangers, PUM, 2013. Des logiciels présentant des jeunes femmes par portions routières et autoroutières d’environ 50/60 kilomètres sont accessibles par l’Internet (et Smartphones). Les localisations GPS sont fournies à la demande. La gestion informatique et téléphonique est effectuée depuis des appartements-étapes.

94. Il est certain qu’une réponse de la garde maternelle de Lucas, lors de mon premier contact, du type: «oui, c’est de lui qu’il s’agit, passez le voir à la maison», n’aurait rien produit de plus qu’une rencontre anodine. Le mot «irrationnellement» peut-être remplacé par «clientéliquement». Il s’agit alors d’une rationalité…

95. Une des plus belles expressions de cette disposition est donnée dans, Acheminement vers la parole, de Martin Heidegger, Gallimard, et par d’autres phénoménologues allemands du XXème, tel Husserl de Crisis.

7.2. Prostitution: sa genèse locale et sa connexion avec la mondialisation criminelle. Prostitution intermittente de voisinage de jeunes à Perpignan.

96. Voir le tableau 3 suivant (§ 8) où nous comptabilisons 172 filles et garçons de 13 à 30 ans. Un de ces jeunes, initiateur d’une association, affirme qu’il y a «plus de 150 jeunes majeurs [garçons] travailleurs du sexe à Perpignan et dans ses environs»; déclaration publique lors d’une conférence, en 2013, proposée par Nicolas Caudebourg (l’Archipel contre-attaque). Si l’on ajoute les mineurs et les filles ce nombre avoisine les 230. Disons que nous avons peut-être sous-évalué, par notre méthode des désignations croisées, et que le responsable associatif a légèrement surévalué ses effectifs. La réalité pourrait être autour de 200 filles et garçons. Avec les mineurs ASE non comptabilisés ici.

8.1. Milieux prostitutionnels de voisinage chez les jeunes de 18 à 25 ans de Perpignan.

97. Trois garçons et une fille de la première enquête nous ont guidés dans un premier temps.

8.2. De la «drague» de bosquets au vivier prostitutionnel puis à la professionnalisation internationale.

98. Cette expression s’est généralisée, dans ces populations vers 2010. Nous l’emploierons donc.,

Conclusion

99. Nous avons spécifiquement étudié ce phénomène dans Fin de siècle incertaine à Perpignan Trabucaire 1999.

100. Pour l’objectif déclaré de connaissance du dispositif prostitutionnel de La Junquera. Ce rapport réalise par ailleurs une bonne évocation des images, et dimensions symboliques de ce dispositif. A ce titre il satisfait le besoin d’approche extérieure: et surtout il permet à des commentateurs locaux d’afficher une connaissance esthétique sans conséquences économiques et politiques: la drogue n’existe pas. «images et morale, oui, argent et sentiments, non» selon la célèbre formule des milieux politico-mafieux du Chicago 1920/1930.

101. On lira la très instructive enquête de Rachid Id Yassine, Catalans et Musulmans, Trabucaire, col. Recherches en cours, Cosmopolitismes méditerranéens, 2014.

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