Ma vie de virus de la crève


Rien de tel que de profiter de la saison qui se prête à moi afin que je me démultiplie à vos souhaits ! En plus, rien n’est plus facile qu’aujourd’hui, où je trouve easy des environnements clôts, bondés d’hôtes et d’hôtesses avec un appendice nasal découvert : anti-burka et anti-cagoule obligent !

Chic ! Thermostats internes des potentiels habitats réglés sur 36’5°C, que veut le peuple !

Comme je me sens à l’étroit dans ma colonie, que je suis d’un esprit taquin, que j’aime l’esprit d’équipe et que j’adore l’aventure, je me joins au prochain commando qui chatouille un endroit à la base de l’ancrage du nez, aux embouchures des différents canaux qui ont inspiré nos ancêtres, un endroit pile-poil qui va rendre notre futur ex-habitat en un pantomime ridicule lors de notre propulsion.

Que le cirque commence !

D’abord, notre taulier-ère inspire plusieurs bouffées d’air qui rendra notre élan plus intense. Puis, dans une expiration violente accompagnée d’un son qui fait vibrer les cordes vocales de notre cabaretier-ère, nous sommes éjectés avec une puissance qui nous permettra d’aller prospecter les diverses issues qui s’offrent à nous. Perso, je vise droit sur une logeuse en espérant que ses défenses m’offriront peu de résistance. Ce dont je ne doute pas, au vu de sa carrure et de ses deux machins poilus qui se tiennent à ses pieds, remplissant ainsi leur office de « gardiens ».

« Gardiens, tu parles ! »

Toujours est-il que son pif proéminent m’offre une voie royale et les poils nasaux me font office de lianes offertes, à croire qu’elles n’attendaient que mon arrivée. Je me sers des inspires pour monter, et je m’accroche sec lors des expires. C’est ainsi qu’en toute facilité, j’atteins mon but : la jonction des divers canaux que l’homo sapiens aime à nommer « sinus ». Nous, on appelle ça : « la voie royale » et je suis au centre. Je trône de suite et commence à me cloner en différents « moi ». Un processus qui me fait entrer en fusion : je chauffe, je chauffe, je chauffe, et j’expulse un premier jet de « moi » hyper bouillant au fond d’un précipice dont le but premier et de s’accrocher aux parois internes qui tapissent le haut du fond de la caverne (aussi appelée « gorge » par notre logeuse qui ahane « Je peux pas parler, j’ai mal à la gorge »). Attention, cette procédure peut aussi s’avérer être un véritable danger. En effet, il est facile d’être rejeté vers un autre inconnu en se laissant engluer par la salive qui va devenir bave et finir ainsi, lamentablement, sur une taille d’oreiller. Pour l’instant moi et tous mes « moi » dupliqués nous nous efforçons à ce que notre logeuse se la coince, le froid externe étant aussi un de nos pires ennemis.

Car il ne faut pas croire, nous n’avons pas que des cellules accueillantes sur notre chemin !

Les premières sont la garde rapprochée du système immunitaire qui a été alerté trop tard. Comme d’hab, quoi ! Notre armée est déjà bien plus imposante que ces deux trois gros machins, aussi nommés « globules blancs » qui viennent surtout en repérage ! Et puis, nos troupes ont déjà suivi les différentes voies que sont les « sinus ». Il y en a d’ailleurs à foison et mes troupes de « moi » ont aussi dû se dupliquer en d’autres « moi ».

Avant de se sentir trop à l’étroit, nous trouvons que c’est le moment d’envoyer quelques émissaires dans la nature, à la recherche d’autres potentiels habitacles à occuper. Pour cela, nous allons déclencher le mécanisme : lancement par impulsion ! Plusieurs d’entre « moi » vont donc courageusement aller chatouiller le haut du nez en ayant reçu le message des troupes qui sont localisées sur la langue et feu ! Nous disons « adieu » à ces « moi » téméraires qui sont éjectés, chevauchant bravement les postillons qui sortent de la caverne avec un « tchoum » assourdissant !

Pendant ce temps, d’autres « moi » ont été boucher les orifices auriculaires pour que notre sujette n’entende pas les bons conseils de « Mère-Grand » et d’autres sont montés dans la tête. Si notre réceptionniste n’est pas sujette aux céphalées, nos mercenaires vont jouer sur la pression sanguine, ce qui va indubitablement désorienter notre spécimen. Enfin, nous laissons la charge royale descendre vers les poumons via les bronches. À cette embouchure d’ailleurs, certains « sous-moi » complètement crétins vont se tromper et choisir la facilité en se laissant glisser sur le toboggan de la mort qu’est l’« oesophage ». Les andouilles ne savent pas qu’ils vont être détruits par l’acide chlorhydrique dont sont composés les sucs gastriques ! Et leurs épaves traverseront le duodénum pour finir : « Exorcizamus te omnis immundus spiritus omnis satanica potestas etc. ».

Comme nous ne trouvons pas la température à notre guise et que notre « Grande malade » s’agite encore un peu trop – ce qui stimule son système immunitaire – nous augmentons de quelques degrés Celcius notre environnement. Cela va calmer la moindre notre sujette d’expansion, tout en veillant à ne pas la tuer. Car si elle meurt – comme elle le prétend – elle signe notre mort à « nous-moi » tous !

Maaaais, que voyons-nous pas là ?! La vache ! Notre hôtesse a quand même pu se procurer une substance qui va aider l’armée de globules blancs déjà déversée à grande ampleur pour nous combattre.

Satanée taulière !

Nous sommes soudain assaillis par des molécules chimiques comme du dextrométhorphane, de la pseudoéphédrine et du paracétamol. Il y a aussi de la vitamine C, mais ça, on s’en bat les brins ! Ma légion de « moi » comprend soudain que notre garce d’aubergiste a fait appel à la pharmacopée allopathique de BAYER ! Et cette satanée gargotière nous envoie la charge maousse costaud, quitte à ce qu’elle tombe dans le sommeil, nous laissant seuls avec cette déferlante qui n’a qu’un seul but : nous détruire !

Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot.

Tu vas voir, ma vieille, au réveil !

Futur feux « moi » et…

Gene


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