Terrible et douloureuse épreuve


25 SEPTEMBRE 2017

(Centre de diagnostic prénatal de la Maternité de l’Élysée – 55, rue du Faubourg Saint-Honoré – Paris 8° —– 25 Septembre 2017)

—–Jean Casanova

——–Terrible et douloureuse épreuve que celle de l’IMG. Vous ne la confondrez pas avec l’IVG – elle en est une aussi – ni avec l’IMC, l’indice de masse corporelle, cette estimation de la corpulence servant en médecine au calcul de la masse grasse et la mesure de l’obésité.

L’IMG est l’interruption médicale de grossesse. Elle désigne l’interruption volontaire et médicale d’une grossesse lorsque celle-ci met gravement en péril la santé de la jeune maman, ou lorsqu’il existe une forte probabilité, c’est le cas précisément aujourd’hui, que l’enfant à naître soit atteint de graves malformations.

——–C’est à la consultation du quatrième mois, il était maintenant loin le temps de la Conception – elle n’avait pas été immaculée – à la consultation du quatrième mois, courant Septembre, qu’a commencé le cauchemar d’Emmanuelle.

Lors des examens de routine habituellement réalisés à cette période de la grossesse, échographies, sondages d’opinion et examen de manifestations, son gynécologue-politicien a prononcé le terrible jugement sans appel. Le petit Code, l’enfant tant attendu, est malformé et cette embryopathie constituera un grave handicap pour le Travail.

Quant aux raisons à l’origine de cet accident, mais en était-ce vraiment un, elles demeurent inconnues. Non, a dit le médecin, 39 ans pour une maman n’est absolument pas un âge trop tardif pour une grossesse heureuse et réussie. Il n’empêche, le petit Code est gravement malformé.

–——C’est un véritable séisme pour Emmanuelle, dont vous devinez la douleur, le chagrin et le sentiment de culpabilité. Que faire maintenant ? Nous sommes dans les affres de la décision à prendre. « Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire » songe Emmanuelle, ressassant les paroles de la Phèdre de Racine.

Garder le petit Code, aussi terriblement malformé ? Certes, d’affectueux voisins ont promis leur concours pour garder l’enfant et aider à sa difficile éducation et application. Mais, ont dit les médecins, il y a aussi la santé présidentielle de la maman mise en péril par cette grossesse pathologique et les craintes à avoir quant au Travail, nous voulons parler de celui de l’accouchement.

D’autant plus que, ingratitude et grave méconnaissance des douleurs endurées, toutes les manifestations n’étaient pas de sympathie.

——–Nous voilà donc aujourd’hui dans ce difficile moment, celui du délai de réflexion – la loi le prévoit d’un mois – au cours duquel Emmanuelle, elle seule, doit décider d’interrompre ou de poursuivre cette grossesse pathologique, de continuer à porter ou non le petit Code, de recourir ou non à l’IMG.

Tout, maintenant, est devenu une épreuve : le spectacle des pubs à la télé pour les couches et les petits pots ; les propositions des imprimeurs du Monde et du Figaro, non avertis, pour l’impression des heureux faire-part de naissance ; les phrases maladroites d’amis pourtant bien intentionnés « il faut que tu passes à autre chose », pire encore, « c’est plus facile que s’il était mort après la naissance », et autres propos de circonstance méconnaissant totalement les douleurs de la terrible épreuve.

Jusqu’aux visites incessantes et admonestatoires du parrain pressenti, Pierre, et à ses maladroites objurgations à garder le petit monstre, quoi qu’il advienne. Ceci, sans aucun égard quant à la santé maternelle présidentielle. Égoïste Pierre !

Le terme d’objurgation désigne une vive remontrance, une admonestation, plus encore une adjuration.

 

——–Pour ne pas en rester au seul domaine de l’affliction, nous avons consulté le Dr Alfred Veolia, membre du Collège National des gynécologues-politiciens français. Ce dernier a bien voulu accepter de nous éclairer quant aux suites d’une éventuelle décision d’IMG, dont nous tenons à vous préciser avec insistance qu’à l’heure actuelle rien ne permet de la préjuger.

Le Dr Alfred Veolia

——–Dr Veolia, si la décision d’IMG devait être prise, que deviendrait alors le petit Code ?

À ce stade de la grossesse, passé le quatrième mois, l’interruption par aspiration ou amendements n’est plus possible. Il faudrait alors se résoudre à un véritable Travail d’accouchement. Si le petit Code naissait alors encore vivant au moment de l’expulsion, il faudrait alors se résoudre au fœticide par voie médicamenteuse. La loi permet alors d’établir malgré tout un acte d’enfant né sans vie et de l’inscrire sur les registres de décès du Journal Officiel. Ce fut déjà le cas, il y a une dizaine d’années, pour le petit CPE.

L’avis de l’enfant né sans vie, tel qu’il pourrait paraître au Journal Officiel

Il est toujours possible à la maman, a poursuivi le Dr Veolia, d’attribuer un prénom à l’enfant, Code pourquoi pas, mais pas un nom, ni Macron, ni un autre. L’acte est alors inscrit au livret de famille et permet d’avoir accès à certains droits sociaux – nous savons qu’Emmanuelle y tient beaucoup – comme le congé de maternité. Enfin, la loi donne la possibilité à la maman d’organiser des funérailles, en général dans la plus grande intimité.

–——Précisément, Dr Veolia, peut-on parler dans ces difficiles cas d’un véritable deuil et aussi d’un travail de deuil ? N’allez pas comprendre notre question comme portant sur le deuil du Travail.

Je vous ai bien compris, cher ami. Sachez que toutes les situations sont possibles. Parfois, les parents souhaitent voir le bébé après l’IMG, l’habiller, prendre des photos… Certaines mamans essaient rapidement d’avoir à nouveau un enfant ; d’autres attendent. Mais dans tous les cas, un suivi psycho-politique est nécessaire pour traverser cette difficile période, heureusement dénuée d’élections, difficile période qui inspire souvent à la maman un sentiment de culpabilité et d’échec. D’autant que, à l’occasion d’une telle IMG, je vous le redis, les manifestations ne sont pas toutes de sympathie et d’attendrissement.

——–Dr Veolia, que préconise le corps médical quant aux grossesses à venir ?

Des investigations sont à réaliser pour déterminer avec précision la cause de l’anomalie et le risque éventuel pour un nouvel enfant à venir, quelque serait son prénom, Retraite, Sécurité Sociale, Logement, Constitution, peu importe.

Bien des malformations sont purement accidentelles. Mais si les recherches montrent que la maman est porteuse d’une anomalie génétique, nous songeons au fameux gène CLNF – celui de la concurrence libre et non faussée – comme à l’origine de l’embryopathie, la crainte est grande alors d’une récidive.

Il faut quelquefois se résoudre à de nouvelles élections.


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