Intelligence avec l’ennemi


(Fort Meade – Maryland – USA —– 15 Août 2017)

——–Jean Casanova

——–Par l’expression « battre la campagne », elle n’est là ni militaire, ni électorale, on entend généralement « perdre les pédales ».

–——Très tôt ce matin, tiré de sa cellule de la prison militaire de Fort Meade dans le Maryland, où il regardait encore un dessin animé de Tom et Jerry, la télécommande à la main, elle ne comportait heureusement pas de bouton nucléaire, le soldat Donald Trump a comparu devant la cour martiale.

Après un bref délibéré, celle-ci a rendu son verdict. Le soldat Donald Trump est reconnu coupable de 4 des 5 chefs d’accusation retenus contre lui, écartant toutefois le plus grave, ce dernier est passible de la peine de mort, l’« intelligence avec l’ennemi ».

Dans sa sentence, la juge, la Colonelle Denise Lindsey, a estimé que le 1° classe de l’US Army, Donald Trump, héros des campagnes capillaires et immobilières, était coupable, nous énumérons : de misogynie et de propos sexistes ; de complicité ouverte avec les suprémacistes sudistes et de réveil des fantômes racistes de l’Amérique ; de manquement au devoir de réserve militaire, en proférant des menaces contre un État étranger, le Venezuela ; l’incrimination la moins grave restant le non-respect de la coupe de cheveux réglementaire dans l’US Army.

La défense du jeune prévenu s’était efforcé de faire apparaître le soldat Donald Trump comme un garçon naïf, plein de bonnes intentions et simplement désireux de voir l’Amérique renouer avec son passé glorieux.

C’est un garçon qui veut le bien de l’Amérique, avait déclaré son avocat lors de sa plaidoirie, en vain, la cour militaire, à l’unanimité, a voté la culpabilité. N’essayez pas de nous trumper, a enjoint fermement la Colonelle Denise Lindsey à l’avocat, le Commandant Ralph Allen. Restons-en aux faits.

C’est sur l’incrimination d’intelligence avec l’ennemi que finalement la défense a pu toutefois obtenir le succès décisif, incrimination non retenue, et sauver ainsi la tête du jeune militaire.

——–Qu’est-ce donc que le crime d’« intelligence avec l’ennemi », incrimination de la plus haute gravité dans tous les codes militaires ?

L’« intelligence avec l’ennemi » désigne de façon générale toute action ou machination concertée avec une puissance étrangère ou ses agents pour les engager à commettre des hostilités ou pour leur en procurer les moyens. Elle peut être punie de mort, même dans les cas où les dites machinations n’auraient pas été suivies d’hostilités.

Seule circonstance à même d’atténuer la condamnation dans la jurisprudence française, le non-état de guerre au moment des faits. C’est ainsi qu’en 1894, le Capitaine Dreyfus était seulement condamné à la dégradation et au bannissement. Mata-Hari, par contre, de son vrai nom Margaretha Geertruida, espionne, danseuse et courtisane, était fusillée au Château de Vincennes, le 15 Octobre 1917.

——–C’est par un artifice qui fera date dans les annales des différentes cours martiales du monde, que l’avocat du soldat Donald, le Commandant Ralph Allen, déclara lors de sa plaidoirie : « Vous êtes une cour martiale. Une cour martiale juge de la guerre, martial provenant du latin martialis, de Mars, le dieu de la Guerre. Une cour martiale juge de la guerre, mais elle juge aussi, dans cette incrimination, de l’intelligence du prévenu. Or, de celle-ci, l’intelligence, vous disculperez aisément le soldat Trump. Notre client ne servait pas dans le Génie, il s’en faut ».

À ce moment précis de la plaidoirie, l’usage en est autorisé dans ce genre de juridiction, l’assistant du Commandant Allen distribuait à la Présidente et à son jury un court document, dont on sait maintenant qu’il emporta l’adhésion de la cour et permit la sentence de non-culpabilité d’intelligence. Il n’est pas secret et nous le portons à votre connaissance. Renversant !

——–Au palais de l’Élysée, les experts en communication travaillent en ce moment à la rédaction du commentaire présidentiel à l’énoncé du verdict. La consigne tacite reste comme à l’habitude la nécessité du balancement se voulant dialectique et de l’utilisation du « en même temps que ». Pourraient être ainsi retenues les formulations « fou à lier » et « fou allié ». Les deux mon capitaine !


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