Dur de ramper perché sur des échasses.


Poutine n’est pas allé, contrairement à son tsariste ancêtre Pierre le Grand qui prit dans ses bras P’tit Louis, futur ex XVème alors âgé de 7 ans et déjà bien-aimé pour l’embrasser, jusqu’à étreindre le jeune héritier de la République Versaillaise Française pour lui cloquer deux bises, bien que mini Macron soit, lui aussi, super canon et bien-aimé itou.

Bon, d’abord, précision: quand je dis « mini Macron », savoir qu’en aucun cas je ne porte atteinte à l’intégrité de la gracieuse personne tsariste  présidentielle. Il s’agit là, hélas, d’un constat objectif: Macron (étymologie macro = grand) n’a malheureusement pas un pays à sa taille. Ah que c’est con de parler si bien anglais et n’être pas tsar président des USA!

Ne reste à mini Macron que d’inverser la donne et le mot: être star. Et là, franchement, bravo, ça frôla l’Oscar. Cela dit, gros problème: déjà que les Français, même sombrés dans le bourbier du ridicule « décomplexé et normal » sarkollandais, persistaient à se la péter, on peut craindre d’eux le pire une fois représentés par l’idole des marchés.

Le seul effet positif de l’exploit étant (pour l’instant) d’abattre la tête de gondole des fans d’une Petite-France repliée sur sa-vie-son-oeuvre, ses frontières et son franc, ses pinards et frometons.

Ainsi Macron, d’un seul coup d’un seul, agrandit la France. Autrement dit la croissance reprend. On n’avait pas compris ça comme ça. Macron – Trump – Poutine égos ÉGAUX ! Non? Si. Sans déc. Doute de rien. Même pas peur. Le dit bien, mini Macron: la France lancera des représailles immédiates si des armes chimiques sont utilisées en Syrie. Avec son unique sous-marin nucléaire en carénage et son armement datant des années 80. Et personne ne rigole. Ah, si: Poutine. L’homme qui d’ordinaire ne rit que s’il se brûle s’est fendu là de ce qui semblait un sourire – voire un fou rire intérieur bien contenu? Prouesse française: Macron sera le seul à avoir réussi à faire sourire Poutine.

Et paf, une échasse par terre.

L’avait commencé fort, Poutine. Débuté son discours par une longue série de chiffres & pourcentages prouvant la santé  florissante des échanges économi-amicaux franco-russes. À son côté mini Macron tira une sombre tronche, lui qui venait, au fil d’un discours fleuve plein de fioritures 18ème et de fermetés appuyées, de promettre la possible perspective d’une abolition des sanctions économiques frappant Grande Russie si cette dernière acceptait de reprendre les négociations de Minsk. Autrement dit, Poutine était benoîtement en train d’affirmer chiffres à l’appui que Petite France (enfin, cette société civile si chère à la démocratie d’affaires) transgressait déjà pour sa part les sanctions. Et que lui, Vladimir, avait jugé bon d’en punir les agriculteurs par représailles immédiates contre les crimes de lèse-Poutine commis par Sarkosy et Hollande. Hein les gars, quand on se la pète… Et Poutine ainsi de bien faire passer le message: c’est toi mini Macron qui es ici en demande. Pas moi. L’Ukraine, c’est si je veux quand je veux.

Et paf, deuxième échasse par terre.

Puis vint la réponse à la question de la répression LGBT. Poutine promit d’en demander compte aux autorités tchétchènes subordonnées. Paf.

Vint enfin le tour des questions journaleuses. Et Poutine convint qu’en galant bien élevé il avait, contrairement au mufle américain, honoré la demande de Marine Le Pen d’être reçue par Lui. Puis une intervieweuse soviétique russe interpela le grand président de Petite-France sur son exclusion de deux journalistes issus des TV Spoutnik et Russia Today. Et là Macron craqua. Fit du Sarkhollande pur jus, justifiant ses mesures de rétorsion au titre des calomnies proférées sur lui par ces « organismes de propagande » qui ne peuvent être « qualifiés de journalistes » (les deux chaînes en question étant des médias d’État… lol). Ce fut la seconde fois où l’on vit l’homme à la triste figure esquisser un semblant de risette. Paf, paf, paf, paf, paf.

Du coup Macron déséchassé faillit en oublier le dernier questionneur autorisé. Notons qu’il y en avait quatre: deux russes (femmes), deux français (hommes), rigueur parfaite de la parité macronienne. Et les médias franchouilles de béatifier le « sans faute » de leur super président. Après l’éteignoir hollandais la moindre luciole éblouit…

Ah, Galerie des batailles du grand Trianon! Ouaip, pas gagné. Après les guilli-guilli au menton de Trump (tu iras à ton rythme, mon grand, mais tu iras, vas…) le grand show du maître des horloges « Petite France, le retour » sur la scène internationale connaît son premier bide. En fait, il n’y a bien que « Mutti » pour en mesurer le réel et la portée.

Macron va devoir retourner à l’école de Berlin… Faut écouter la dame, Emmanuel.

En attendant, les Français regrimpés sur leur tas de fumier cocoricotent. Macron International Inc. bosse pour les législatives. Connaît bien ses gallinacés. Béats devant le mondial tour de leur super star, les francouillons voteront Philippe 1er, sûrs que s’accomplira ainsi, aussi glorieuse, la super prod intérieure qui fera remonter Petite France ubérisée sur la plus haute marche du podium, dont sera enfin débaroulée la Walkyrie de l’ex RDA. Laquelle, en cette qualité, sait parfaitement ce qu’il faut dire et faire lorsqu’elle discute, elle, en russe avec l’homme qui ne rit jamais.

Voilà. Partage du travail, Manu: chatouille ton Trump mais laisse faire la dame à l’est.

1DV enfant

Mais si, si, tu vas y arriver. À ton rythme. Molto bene.

 


2 réflexions sur “Dur de ramper perché sur des échasses.

  1. Ah la la ! Que ce fusse dur d’entendre des petits passages du discours de Macron lors du TJ helvète. Et comme le fait que ce soit les Russes – Poutine – qui se sont chargés de l’opération du nettoyage des armes chimiques de Bachar Aïe la Baffe et ce, lors des négociations de Genève fin août 2013. Et selon les ONG, certaines armes chimiques ont été retrouvées aux endroits que l’EI – ou Daesh – avaient désertés.

    Selon l’ex-procureure générale de la Cour pénale Internationale de La Haye, les exactions ont été commises des deux côtés.

    Le bombardement des lieux à l’arme chimique est condamnable à plus de 200%. Mais ce ne sont pas les Russes qui ont lâché le binz sur les civils. La question est : comment Bachar al Assad a planqué les armes chimiques qui restent.

    Quant à l’Ukraine, nous sommes trop ignorantEs des enjeux géo-politiques de la région et l’Ukraine est rongée depuis des lustres par la corruption. Nous ne pouvons importer les guerres qui nous dépassent.

    Je pense donc que, par ce discours, Macron doit encore se libérer du carcan maccarthyste ambiant et qu’il est temps de se libérer et de s’assumer en tant qu’un des leaders européens avec lequel il faudra désormais compter.

    Et qu’on ne vienne pas me dire que je suis pro-Poutine, ni que je sois pro-Trump… quoique. Ce dernier est tellement idiot que ses coups à la noix ne peux que donner un nouvel élan européen.

    Je dois filer.
    Bises
    Gene

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s