DU NEUF AU MENU: LE TERRORISME SAUCE RÉSILIENCE


LA « RÉSILIENCE » IMPOSÉE CONTRE LA RÉSISTANCE.

Énième claironnade médiatique: « Il faut aujourd’hui accepter qu’on ne puisse pas éradiquer le terrorisme, la résilience de la société dépend de cette acceptation et de sa lucidité » (sur LCI à propos de l’attentat de Londres).

Après des années de polémiques sur la question « mais que fait donc la police? », après les milliards balancés auxdites en armements, prisons, matériels et agents, camps de transits, de détention et retours forcés, après les milliers de promesses politicardes d’en finir une fois pour toutes, grand retournement de Vestes Gouvernementales: il faut « lâcher prise », ne pas « être dans le déni », « admettre qu’on ne peut pas fliquer chaque suspect », que « le terrorisme ne puisse pas être éradiqué », que « le risque zéro n’existe pas » et que « vivre en société ne signifie pas sécurité garantie »… Fichtre: ça branle dans le manche.

Grands flics, experts et médiateux entonnent aujourd’hui l’hymne à Sainte Résilience (= « rebondissement »), concept repensé ici dans un sens collectif.

Chaque citoyen est ainsi aujourd’hui appelé à accepter – mieux encore que le troufion  qui, lui peut encore tenter, par devoir, de s’en défendre – de mourir désarmé, par devoir, au champ d’honneur de la rue, de la station de métro, de la terrasse d’un café, de la gare ou de l’aéroport, de la plage ou de l’hôtel, de l’usine ou de l’école.  Car on a affaire au terrorisme law cost (traduction: terrorisme à bas coût – ils ont un de ces humours!): un type loue une bagnole, prend un couteau, fonce dans le tas et se fait buter. Une chose est maintenant certaine: plus besoin d’un imam pour y aller, les médias suffisent. Le type est français, belge, allemand ou anglais mais postera un twit pro Daesh pour aggraver la merde. Et il s’appellera (évidemment) Mohamed. S’il s’appelait Bernard imaginez. Un désespoir pareil, nul ne sait comment l’enrayer. Alors ne résistez plus, courageux démocrates, lâchez prise et REBONDISSEZ: vous verrez, ça va passer.

Pensée en passant pour les baleines et autres suicidés qui ne tuent personne et dont tout le monde se fout: pour Dimitris Christoulas, retraité suicidé et oublié sur la place Syntagma, à Athènes, en 2012, qui écrivit en testament « si un Grec attrapait une kalachnikov, je serais juste derrière lui ». Pour Karim Bedine et Mohamed Bouazizi, suicidés d’Algérie et de Tunisie en 2011 et qui ouvrirent le printemps arabe. Pour les morts  de France Télécom et ceux des CHU. Faut-il tuer en mourant pour se faire entendre? À bon entendeur salut.

COQUIN DE SORT!

Triple objectif de ce discours: 1. masquer l’impuissance des États; 2.couper l’herbe sous les pieds des extrêmes-droites; 3. la couper sous ceux des terroristes. Car si on « lâche prise » et qu’on « accepte la fatalité de l’aléa » (car c’est aussi de cela qu’il s’agit: Fatum tragique, le retour), les extrêmes droites ne pourront plus vendre leurs programmes de tolérance zéro du tout sécuritaire qui menacerait la paix requise pour le bonheur des marchés. Les kamikazes ne pourront plus semer la terreur dans les démocraties désormais acceptatives de la loi de la roulette de russe. Chacun se sachant victime potentielle du hasard d’un « furieux », le terrorisme finira par s’éteindre de lui-même.

Allez dire ça aux enfants sur les bancs de l’école.

Soyons cohérents: il faut alors aussitôt tirer au sort nos représentants car si accepter de mourir « par hasard » doit faire partie de notre quotidien, le sort doit également régler la désignation de nos députés, à l’image de la logique conduisant la revendication d’Olympe de Gouges en 1789: « si les femmes ont le droit de monter sur l’échafaud, alors elles doivent avoir aussi le droit de voter ». De même, si on doit répondre dès l’âge de 16 ans de ses crimes,  alors on est capable aussi de voter à 16 ans.

Démocratie du hasard? Coquin de sort! Chiche.

UNE SOCIÉTÉ REBONDISSANTE

Il faut revenir sur la manipulation du concept de résilience – déjà plus que flou – transformé ici en impératif collectif et qui prend forme d’un devoir particulièrement pervers.

Le terme de résilience (produit dès les années 1950 par la psychologie nord-américaine et théorisé en France par Boris Cyrulnik, neuropsychiatre) désigne donc, selon l’étymologie latine du mot, la capacité de « rebondir » après un obstacle (épreuve). N’en a-t-on pas assez entendu de ces « Il faut rebondir » (surtout quand vous êtes chômeur) ou de « Je rebondis sur votre question » (quand vous êtes médiateux)? Résilience est ainsi devenu synonyme de n’importe quoi pourvu que ça rebondisse, de la capacité que trouve un sujet à se reconstruire après un traumatisme grave à celle, interpersonnelle ou collective, morale ou religieuse, du « pardon » et de la « réconciliation » (cette dernière ayant connu une large audience après les traumatismes collectifs subis par les populations l’Afrique du Sud et du Rwanda), en passant par le conseil du proche, excédé de vous entendre souffrir, à vous renvoyer au ballon salvateur. Résilience: une société de Zébulons rebondissants montés sur ressorts. Le rêve.

Le concept devint rapidement une tarte à la crème de la psycho bien pensante – de même que les vigoureux appels médiatiques à ce que passe une justice condamnant les coupables étaient censés faciliter les « deuils à faire » collectivement par le moindre groupe de personnes touchées par un accident mortel (naufrage, crash d’avion, attentat, pollution d’usine ou de centrale nucléaire, etc.): un coupable pour tous, ça soulage.

On vit alors des « dérapeutes » ordonner à leurs patients de « travailler leur résilience », distribuant bons et mauvais points selon l’empressement de ces derniers à obéir –  comme le font les curés lorsqu’ils ordonnent le pardon à leurs ouailles. Il fallait aussi « lâcher prise », autre tarte à crème mijotée au temps du tapis de roses mitterandien où tout un chacun bidouillait sa psychothérapie à géométrie variable: je n’ai jamais vu mon banquier lâcher prise au moment où je bataillais contre lui pour un prêt. La grande escroquerie psy new-âge croisée jésuite du lâcher prise ne vise que les rebelles. Étonnant, non? Hélas, je suis  du genre à garder les dents plantées dans le gras du nanti.

La résilience ne peut débuter que par un deuil. Encore faut-il ici que la perte, pour le sujet aussi, soit mortelle. C’est sur ce  constat que le travail de deuil, acceptation de la perte (et non pas « lâcher prise ») ouvre à son inversion, retournement du manque en re/création. Mais cela ne peut se faire seul. Et là chacun n’est pas également loti en la matière: les terroristes (moins de 25 ans sans avenir ou pré-retraités sans espoir de retraite) sont les moins doués parce que les moins considérés – sinon par ceux qui les instrumentalisent. Haïs de base qui haïssent à leur tour: je croirais en un espoir de résilience le jour où l’ethnopsychiatrie suivra, gratuitement, les apprentis terroristes (sic) que certaines de ses théories démagogues ont confortés dans la respectabilité « culturelle » des oppressions qu’ils subissent.

Sous l’alibi terrorisant la résilience devrait se collectiviser, exactement comme les églises en appellent au pardon collectif (ce qui, en passant autorise aussi le catholicisme à s’auto pardonner ses crimes pédophiles, charité bien ordonnée commençant par soi-même où on lira la preuve de l’immense capacité de résilience de l’église catholique).

Or la résilience est uniquement affaire de l’individu. Il ne peut y avoir de « résilience » collective – comme il ne peut y avoir de conscience collective ni d’inconscient collectif. En appeler à un rebondissement social relève du contresens le plus ignorant et imbécile. Parce que ceux qui vont rebondir risquent aussi de faire très mal, la « résilience », dans le bon sens du terme, étant construction du sens et liberté…

VOTRE POLICE / D’ASSURANCE / EST RÉSILIÉE

On entend aussi s’affirmer, en corollaire à cette manipulation, l’argument de déficience mentale employé par les experts en fatalité à l’encontre du kamikaze: celui-ci serait un « malade mental ». Il ne parle pas de dommage psychique, l’expert. Il dit clairement: « maladie mentale ». Retour sur la distinction du psychique et du mental: lorsqu’on réfère au psychique (qu’il s’agisse d’un dommage, d’un trauma, ou au contraire d’une harmonisation, d’un équilibre) le social y est toujours en partie en cause: conditions de vie, environnement, culture, modes de respect et de liberté ou leurs carences.

En revanche, lorsqu’on parle de mental, on sous-entend l’inné, le biologique. Il fallut attendre 2005 pour que les pathologies psychiques soient reconnues en France par la Loi Handicap et fassent l’objet d’une prise en charge. N’était jusque là reconnue que « la maladie mentale » dont la cause relève de déficiences organiques (génétiques par exemple pour la trisomie 21) et congénitales et exclut, évidemment, toute responsabilité politique.

Ainsi, lorsque ces experts en obscurantisme parlent de maladie mentale au sujet des kamikazes, ils savent très bien ce qu’ils sous-entendent, pariant sur notre ignorance: que ces « malades » sont atteints d’une pathologie congénitale et incurable – à la différence du malade psychique. Les kamikazes sont des incurables (ce qui est hélas d’autant plus vrai qu’un kamikaze meurt par définition). Leurs actes imprévisibles, du coup, sont une fatalité que l’on doit subir et après quoi on ne peut que rebondir telles des puces amnésiques. Mais suivez mon regard: soupçonné de projet kamikaze et donc encore vivant, voilà le suspect atteint d’une maladie congénitale et incurable – et donc, sous couvert de ce diagnostic humanitaire, internable à vie. Et sa famille soupçonnée de mauvais sang. Vous voyez l’Axe?

Lorsque nos pédants médiatiques brouillent le sens de mots déjà lourdement plombés d’ignorance, marché du chiffre oblige, ils savent ce qu’ils font: Ils ne confondent pas « mental » et « psychique » innocemment. De même, lorsqu’ils font glisser la résilience de l’individuel au collectif ils opèrent une prescription de nature théo/logique – autrement dit prennent une théorie pour sa propre fin et l’affirment en vérité à l’alibi d’un réel trafiqué.

Une société est rigoureusement incapable de la moindre résilience. Seuls les individus qui forment le social le peuvent – ou pas. Et ils ne le peuvent qu’à condition de le vouloir, en ressentir le besoin et surtout le désirer. Et ils ne le peuvent qu’à condition de savoir y être aidés.

Avant de demander au corps social de « résilier » ses souffrances, il conviendrait plutôt de considérer le terrorisme actuel dans sa dimension réelle: il s’agit de suicides. C’est exclusivement à cette condition, celle du suicide, que le terrorisme présent déploie un tel pouvoir. Nous n’avons pas affaire à n’importe quels terroristes, mais à des suicidants. Ce qui, visiblement, échappe aux experts soulagés par la punition du crime auto infligée.

Je n’ai, évidemment, pas LA solution. Mais le mensonge, la manipulation et ces tactiques politicardes de caniveau l’ont encore moins. Je doute qu’ils résolvent quoi que ce soit, fût-ce abaisser le nombre des attentats. En revanche, ils feront une chose: dévitaliser  encore la citoyenneté, obliger chaque dominé à l’acceptation rebondissante de son sort devant l’arbitraire absolu – la mort donnée. Arbitraire ainsi conforté de n’importe quel mode d’oppression pourvu que celui-ci ne laisse en porte de sortie à ceux qu’il opprime que la liberté interdite de mourir. Société folle. Non sens maquillé. Autant tous y aller. Vivement qu’on bidouille nos génomes pour qu’on vive tous en paix décérébrée.

« Je me tue donc je tue »: telle est l’égalité qui guide le kamikaze. Ceux qu’il faut abattre sont les gourous à qui le marché a délégué la capacité d’enseigner ceux qui n’allaient rien lui rapporter: on ne va pas s’étonner que de tels enseignements et de telles motivations aboutissent à détruire la société qui les produit (alors que l’instruction publique coûte d’autant plus au marché qu’elle éclaire précisément la liberté d’échapper à sa loi). Avoir sacrifié « l’investissement à perte » de l’éducation s’avère atrocement cher et non résiliable, Messieurs les friquards. Vous avez autant de sang sur les mains que les imams. Mettons d’abord en taule les uns avec les autres, ça changera déjà peut-être un peu la donne.

Pari perdu sur la guerre « exportée »: après avoir entretenu les conditions de la montée de l’intégrisme (id: terrorisme, forcément et tout le monde le savait) et l’avoir financé, ponctionner des milliards à la santé, l’éducation et la culture pour bombarder les « Etats voyous » puis fliquer ensuite la société pour l’en protéger et enfin, devant la défaite, appeler chacun à se soumettre au tirage au sort meurtrier afin que la même société guérisse de la tentation de résister: bienvenue dans un monde de brutes et d’abrutis.

Aux ordres de leurs comptables bureaucrates, les perruches médiatiques promues psys du bazar collectif se gargarisent de mots compliqués et creux assénés en évidences face à l’ignorance présumée de l’avaleur de pubs: médias pédagos? Un savoir de cauchemar.

« Le bureaucrate individuel (et toute clique ou clan de bureaucrates) ne peut mentir efficacement que s’il sait qu’il ment et, à peu près, sur quoi il ment. (…) La bureaucratie ne peut que continuer de fabriquer à tous ses étages, comme son produit organique, de la fausse information, de la falsification. (…) Transformer le vocabulaire social, politique, moral, esthétique, philosophique en un ensemble de marques et de signaux déclencheurs de réflexes, en même temps que l’on rend leur relation à des référents totalement élastique et manipulable, ce n’est pas simplement aplatir ou instrumentaliser le langage – c’est le détruire. (…) Une société où le langage subit ce travail de destruction incessante dans sa dimension significative est-elle possible? Une société où il n’y aurait que des pulsions et des « mots-signaux » est-elle possible? Une société réduite à la simple fonctionnalité est-elle possible? Une société où la scission entre « réalité » officielle et réalité réelle, et la pulvérisation de cette dernière, sont parvenues à ce degré est-elle possible? Une société que rien ne tient ensemble, où les membres de la couche dominante vivent dans une guerre de tous contre tous sans foi ni loi est-elle possible? »

(Cornelius Castoriadis, Devant la guerre)


3 réflexions sur “DU NEUF AU MENU: LE TERRORISME SAUCE RÉSILIENCE

  1. Bien envoyé! Merci Aniouta. C ‘ est aussi faire injure à nos projets et efforts de « bien vivre ensemble » superbement ignorés par des zéluEs uniquement préoccupéEs par leurs ré-elections dans cette démocrachie qui sollicitent nos suffrages deux fois tous les 5 ans pour ne pas tenir sa parole, se parjurer et tenter par des crises de mauvaises fois intellectuelles de nous convaincre que « voter pour nous, c ‘est voter pour vous ».
    les costumes sont brouillés comme le décrivait K Dick dans un de ses romans les plus noirs mettant en scène les stups amères loques.
    Mais ce qui est le plus grave c ‘est l’ aveu d’ incompétence inhérent à ce fatalisme, ces gens-là ne savent pas ni quoi, ni comment faire. Qu’ attendent -ils pour démissionner et laisser la place aux ceusses qui ont des solutions?
    Dame! c ‘est que les bourgeoisES de drouate comme de gôche ne veulent pas laisser des fromages aussi juteux à la « chienlit » qu’ ilLEs n’ ont jamais su que mépriser dans une morgue qui relègue l » « égalité » dans les enfers de la bibliothèque nationale.
    le « Pacte social », on préfère en rire pour ne pas en pleurer tellement la ficelle est grosse. Les millions du CICE engrangés par Radial, la société de Gattaz, le fils de son père, n’ ont servi qu’ à accroître la fortune de la famille Gattaz, actionnaire. Sans créer d’ « emplois » dans ladite « société ».
    Que n’ ont-ils servi à de l’ economie sociale et solidaire? A developper du maraichâge associatif comme avaient commencé à le faire les éducs spés de Colomiers (31) avec qui je bossai en 2007. A faire des jardins ouvriers sur les barres des immeubles comme on peut le voir à N.Y. USA dans le Bronx. A installer du solaire et des éoliennes dans chaque courant d’ air des « cités », c ‘est pas ça qui manque. A promouvoir les vélos avec des centaines de garages associatifs dans ces mêmes « técis ». A monter des orchestres avec de vraies percus et non pas des boites à rythmes comme j’ ai tenté de l’ initier à Sarcelles (92) en suivant l exemple de Carlinhos Brown qui a monté une école de musique GRATUITE pour les gamins d’ un quartier défavorisé de salvador de bahia Brasil et en les mettant sur scène ou dans les rues. Afin de considérer les « cultures étrangères » comme une chance pour ce pays.
    Finalement en pensant à Lincoln qui a dit « si vous pensez que l’ éducation est trop chère, essayez l’ ignorance », les zélites (litres et demie) n ‘ont que ce qu’ elles méritent. YES THEY DESERVE. j’ aime bien le mot anglais, il parle de lui même.
    Quand je vois qu’ un député P.S. de la Correze finance une institution catholique du coin grace à la réserve parlementaire, je me demande ce qu’ en pensent les juifs, les protestants, les bouddhistes et les musulmans , mais plus encore les ATHEES.
    la Loi de 1905, elle est où, messieurs-dames les DémagoguenardEs?
    Et vous voulez qu’ on vote pour cà?

    Abraço do Sam

    Aimé par 1 personne

  2. Excellente analyse, Aniouta. D’autant qu’aussi loin que je me souvienne, nous avons grandiEs dans un monde marqué par les attentats. Et on ne parlait alors pas de résilience, mais de vigilance. Vigilance de quoi d’ailleurs, parce que quand ça pète quelque part, ben ça pète !

    Il y a un excellent film qui montre un peu comment peuvent naître des kamikazes (en dehors des pilotes japonais que l’on ligotait parfois au siège de leur navions) : Syriana http://www.film-streaming.club/syriana-streaming.php#
    Un chef d’oeuvre.

    Flûte ! je crois que mes courges sont en train de brûler !!!

    Bises
    Gene

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