Macron: la colonisation de classe relève-t-elle aussi du crime contre l’humanité?


Giscard 1974: « JE VEUX QUE CHAQUE FRANÇAIS SOIT PROPRIÉTAIRE »… de son « ça m’suffit » avec nains de jardin. Et il fut élu. Il avait « le monopole du coeur » (sic).

 

giscard

Macron 2017: « JE VEUX QUE CHAQUE FRANÇAIS SOIT SON PROPRE PATRON, LE PATRON DE SA VIE » : où sera ici le curseur du « ça m’ suffit » et QUI feront les nains de jardin?

Le brouillage de classe est l’argument fondateur du discours macronien. Brouillage déjà initialisé, 68 étant morte, par la démagogie giscardienne. On reprend les mêmes, la même convoitise, et on recommence. Diamants compris: investissez dans le Zyrkon, c’est neuf, postmoderne. Macron va bientôt clamer que la seule écologie qui vaille est humaine, entendez: qu’il faut savoir gérer la populace comme ressource naturelle à devoir maîtriser par l’autonomie dévoyée, canalisée, carottisée. S’y prend très bien d’ailleurs, à voir le nombre d’hallucinés par sa tirade sur la colonisation « crime contre l’humanité ».

Parce qu’il n’est pas colonialiste, Macron?

Allons. Respirons. Un autre air que fétide. Réfléchissons. Inspirant un peu de réelle liberté et de véritable égalité.

« Liberté et égalité s’exigent l’une de l’autre », écrivait Cornelius Castoriadis: vous mordez le topo? Liberté et égalité S’EXIGENT l’une DE l’autre. Voilà ici du fort, du vrai: de l’anti-Macron. Pas « la liberté d’abord (celle du marché de tout un patron dans la sportive concurrence progressiste) et l’égalité après, comme on pourra et si jamais on peut pour les faibles, vaincus ou affaiblis par l’échec qu’il faudra aider à rebondir » (Macron dixit).

Liberté PAR l’égalité, Égalité PAR la liberté. Pas de liberté SANS égalité et pas d’égalité SANS liberté: vous mordez la révolution? Le travail à faire? Le réel à transformer?

Donc obligatoirement: Fraternité. Autrement difficile puisqu’alors obligatoirement hors de tout marché. La fraternité est l’anti brouillage de classe par excellence. Autrement dit l’impossible: la gratuité. « Marché » se disait en grec ancien (démocratique et athénien): Agora. Cherchez l’erreur – courant depuis bientôt 3 millénaires. Quand donc on en sort?

Gratuité. Aucun individu ne désire n’être  que consommant. Qu’éternel enfant. Tous ceux qui vous le disent mentent, qui vous promettent la croissance éternelle. Tout être humain adulte ne veut plus croître, il veut créer. Travailler. Tout être humain est un travailleur du désir parce que son désir le travaille. Et tout l’équilibre est là. Et toute la pression. Et tous les mensonges et l’exploitation du désir en besoin, en fausse nécessité de croissance obligée. Libre travailleur du désir parmi et avec ses égaux pour produire une  seule chose au bout de tout compte: plus de gratuité, de vérité, de SAVOIR rayonnant et partagé. Et non, comme le clame Macron, de « connaissance ». Parce que la connaissance, c’est du pipeau, ça peut s’acheter. Mais le savoir, c’est du corps. Ce qu’on sait, c’est par le corps qu’on en éprouve la vérité. Du corps dans ce qu’il peine, dans ce qu’il désire et dans sa propre fin qu’il défie pour lui seul. Et ce corps-là, cet individu-là, au bout de tous les comptes, s’en foutra toujours du marché. Parce qu’on ne deale rien avec la mort.

Le discours libertaro-bourgeois que Macron diffuse veut transformer en rêve le cauchemar auquel chaque humain, dans la dignité de son désir socialisé, s’affronte: exister, créer, témoigner et laisser trace – faute de diamant et c’est bien mieux – dans un monde moral qui persiste à le réifier.

Ce n’est pas dans le 21ème siècle que Macron veut entrer. C’est à l’archaïsme qu’il veut retourner: celui de la propriété de soi comme capital à exploiter. Macron bon élève de Bourdieu et Giscard, réactionnaires enfin en lui réunis. La French Theory dans toute sa débile splendeur colonialisante de classe. Dominants/dominés. Dominés, devenez chacun un Dominant! Tel est le Besoin du Marché: capturer votre désir. Le clôturer dans un « ça m’ suffit » qui va très vite tant vous suffire que vous en serez expropriés ou qu’il deviendra barreaux de la « tolérance zéro » qui fait l’unanimité des prétendants.

Car s’ils sont tous d’accord, c’est sur ce point: tolérance zéro. Vous avez dit humanité?

Le discours de Macron – si vous l’entendez bien – est exclusivement celui de l’exploitation du désir: du manque, du besoin et du ressentiment. De l’exploitation de l’échec. Il frappe tout azimut: l’essentiel étant qu’il frappe là où les autres esquivent, là où ça fait le plus mal, là où il n’y a pas de remède. Mais comme c’est lui qui frappe, alors, le remède, lui sait.

Mais les votants dûment acculturés qui hurlent « Macron président » n’ont hélas pas accès à la mémoire coloniale de classe. Leurs grands-parents se sont faits mettre par Giscard et leurs parents ont baissé les bras et la tête sous le bling-bling brouillant qui s’en suivit. Macron le libérateur en est le pur produit. Sa liberté  est esclavage au marché. Son égalité n’est  que charité. C’est très exactement là le discours de toutes les promesses coloniales. Un discours fascisant, et après élection: fasciste. Le Pen et Trump n’ont qu’à bien se tenir.

Alors, Macron: quel crime contre QUELLE humanité?

Le pire est sans doute qu’il ne le sait même pas lui-même.

 

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3 réflexions sur “Macron: la colonisation de classe relève-t-elle aussi du crime contre l’humanité?

    1. C ‘ est une bonne chose de le rebloguer, Aniouta car c ‘est une interrogation décisive et ce serait dommage qu’ elle disparaisse du tableau à droite des articles parce que chassée par de nouvelles publications….

      Peut-être peut-on même généraliser la pratique afin de donner le temps d’ en prendre connaissance parce que je connais des lecteurs qui ont du mal à suivre parce qu’ ils n’ ont pas que ça à faire non plus.

      Abraço do Sam

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  1. ouaip, c’était une fausse manip…
    mais effectivement ça peut être utile de faire parfois des retours « à la une » – et ainsi les zauteurs n’ont pas à pondre telles volailles en cage un oeuf par jour le flingue sur la tempe en cas de bobo, GdB ou burn-out…
    je me demande aussi s’il est possible d’ouvrir à des articles de lecteurs…?
    par un onglet « contact » par exemple?

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