La peau, le tissu et la toile – Plume du Joa


plume

Pas besoin de demander, il n’y a pas de réponse

Souviens-toi : je ne décide rien

Et je n’ai pas raison, c’est juste trop de tout

Vous nous trouverez toujours en train de bouffer

On est si jolis, oh si jolis, si disponibles

On est si jolis en creux

Ne me demande pas d’être là car il n’y a personne

Et ne prétends à rien car je m’en fous

Je ne crois pas aux illusions : trop de choses sont vraies

Cessez vos commentaires : on sait ce qu’on ressent

(…) Et on s’en fout

On est si jolis, oh si jolis,

Si disponibles, si vides

Et creux sans expression

Sans expression, sans expression…

The Sex Pistols, Pretty vacant, album « Never Mind The Bollocks » (traduction personnelle)

La peau, le tissu et la toile

Nous naissons écorchés.

Ce n’est pas là une loi de la nature – n’importe qui voit le contraire – mais l’effet d’une société

aveugle à son origine.

Tu veux sortir ? Tu sors

Du dedans du corps de ta mère

Et voilà : propulsé jeté dehors

Interruption volontaire de naissance

Interdit l’achèvement

Ce qui t’institue en vivant,

Celui-là, pas un autre,

Ta peau,

Interdite : tu nais et vivras écorché.

Tu la défendras chèrement, crois-moi, cette peau qui te manque.

On accorde plus de valeur au titre de mère de ta mère

On ne se soucie pas de savoir s’il t’est nécessaire

D’apprendre ta peau par la sienne, peau de ta mère

Mais

Au point où tu en es toute peau fera l’affaire

La seconde partie du chemin, de la matrice au monde

Un monde de chemins de lait endormis.

Redoutant obscurément l’arrachement l’écorchement

Et pour cause

La loi commune pare son refoulé des nécessités sanitaires

Te secouer te claquer te faire hurler te peser mesurer t’ausculter compter tes doigts de pied

dix sur dix tout va bien te laver t’emmailloter tout habillé – bonnet de laine dans des

chambres trop douces loin de te faire la peau il te confirme que tu n’en as pas,

Bonnet à oreilles chatounes,

La peau qui t’aime suffirait à protéger ton crâne

Peau de ta mère de ton père de qui t’aime

Tous les Animaux le font !

Et peu à peu, le peau à peau…

Mais non voyons : ta mère pourrait t’écraser en dormant !

Voilà le grand bruit intelligent des hommes,

Ils admirent l’objet du désir paqueté dans la boîte

C’est trop cher : il faudrait vous aider dans tous vos mouvements,

Vos nécessités corporelles,

Prévoir du temps et des baignoires pour que sa peau tienne te réapprenne

L’eau

Une eau pleine de gestes doux tintinnabulants tu la reconnaîtrais du dehors

Tu t’en souviendrais vaguement dedans

L’autre ne serait pas un ennemi.

Mais non : la société n’est pas ici

On n’est pas des bêtes

Ça ne serait pas du social,

Tu es déjà un statut.

Et pour tromper le sel on te fait boire de l’eau sucrée.

Alors qu’elle dit n’y être pas, la société cachette la psyché neuve-née.

Suffit-il de naître jusqu’au bout pour que l’anéantissement soit moins Sujet de haine ?

Faudrait-il encore que la haine ne préside plus.

Que les mères cessent de n’être à la fin que des ventres.

Qu’elles soient peau nue nudité respectée.

La peau que je revêts n’est tout que petits bouts,

Petits bouts petits bouts pictogramme du Tout…

Il pleure, le Monde morcelé ?

Qu’est-ce qu’il y a, il a bien tété, il faut peser ausculter dévêtir laver recompter – petits bouts, petits bouts

tripoter ici là vite vite pas le temps, pourquoi tisser du corps à corps – et rentrer vite, boîte en plastique

Transparent

En voilà un progrès : on peut se voir

Epuisée la psyché dans sa boîte a refermé les yeux, elle ne veut pas voir ça

On la comprend.

Yeux ouverts dans les bras de sa mère elle contemple le Sans Fond.

Son regard le dit qui nous hallucine.

Elle gazouille, sourit, dort et apprend.

C’est moins vide quand je séduis

Au moins j’y gagne quelque chose.

La psyché apprend tôt à gagner sa vie.

La vie-l’autre sait mieux qu’elle. Ça sait. Elle non.

Que recouvre ce tissu de soi social qui se déchire ?

L’écorchement qui ne guérit pas ?

La toile arachnéenne qui vient le remplacer ?

L’écorchement ne guérit toujours pas ?

Et après : quoi ?

© Plumes du Joa – wwwplumesdujoa.com


6 réflexions sur “La peau, le tissu et la toile – Plume du Joa

        1. Olé oléééé!! Les infiltrations peuvent être très douloureuses, fume toi de la Marijuana avant !! Lol mdrrrrrr 😄 L’important est que t’est ici à nouveau 😘😘😘😘😘😘😘😘😘

          Repose toi, nous t’attends. 💛💛💛

          J'aime

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