BILLARD PRESIDENTIEL et FLIPPER PRIMAIRE


TOUS LES CRÉTOIS SONT DES MENTEURS DISAIT UN CRÉTOIS

Sacrificiel : Maître Fillon place la tête de sa femme sur le billot : l’épouse aurait été rémunérée à hauteur d’un demi million d’euros (sitôt abaissés à deux cent mille par des medias « mieux informés ») pour un emploi fictif. La promptitude judiciaire étonne, qui d’habitude traîne les pieds lorsqu’il ne s’agit pas de tout un commun. Gageons que nombre de sémillants assistants (ex séminaristes) se ruent à produire les preuves du travail de forçat dont madame Fuyons, experte en confiotes, tirera innocence. Il faut bien entretenir le château avant Varenne. Ainsi bafoué puis blanchi, crucifié puis ressuscité, le Candidat de la vertu (candida: blancheur, innocence et pureté) pourra contempler son rival, le Micron accusé de détournement du budget de Bercy en faveur de sa Marche (marche: se disait autrefois des zones de non droit séparant les territoires médiévaux) endurer les rigueurs de la justice. Tilt ! Demeurera néanmoins la tache peccamineuse, car de trois choses l’une : ou Maître Fillon détourne l’argent public, ou il force sa femme à mentir (sauvons Pénélope!), ou celle-ci ment encore mieux que Thatcher en prétendant s’être toujours tenue à l’écart du combat politique conjugal.

Manuel : voici Valls aujourd’hui chantre de la laïcité et maire d’Evry. Ville dont Jack Lang parraina la construction de la cathédrale, en partie financée par l’Etat par le biais du subventionnement d’un « centre d’art » incorporé au projet et cela au mépris de la loi de 1905. Cathédrale à l’inauguration de laquelle vinrent s’opposer en 1995 une petite soixantaine de « laïcards archaïques » (nous surnommait- on alors) et libres-penseurs. Certes à l’époque Manolito n’était pas maire d’Évry. Mais à son lapsus (dans le « grand débat » de ce mercredi 25), lorsqu’il décrit dans sa ville « sa cathédrale, sa mosquée, sa pagode, tout cet espace public (sic) de pacification … » on doute qu’il se fut alors rangé à nos côtés. Allez, Manuel, encore un effort pour être républicain !

Artificiel : La constitution n’a jamais prévu de primaire pré-électorale. Au contraire, selon la règle qu’elle impose au jeu démocratique (débat dévolu en interne aux partis), on pourrait qualifier les primaires d’anticonstitutionnelles. D’ailleurs, la première d’entre elles, dite « citoyenne » eut lieu en 1995, organisée par le PC sous son étroit contrôle et non en 2011 comme le clame le PS qui n’en est plus à une balle dans le pied près. C’est le règlement (on ne peut plus bâclé) qui en fut bidouillé par ce dernier en 2011, ouvrant le cycle démagogique de la « primaire d’opposition » : plus besoin de s’entretuer en congrès, laissons le peuple canarder les pipes à la foire. Tilt !

Transférentiel : La droite, à son tour dans l’opposition (et parfaitement consciente des lacunes du concept), s’offrit à son tour en râtelier à pipes, quêtant cette fois la bénédiction de quelques regards d’État : haute autorité, validation des règles, élections payantes (bonjour le précédent), recours aux listes électorales et signature obligatoire d’une charte d’allégeance (bonjour le fichage), tout en laissant soigneusement ouvert le piège fatal du bâclage règlementaire par lequel on verra Flamby s’écrabouiller en flaque dans un total ahurissement. Le calcul était que la gauche, magnanimement conviée au banquet droitiste, y fasse le ménage, autrement dit vire l’encombrant Sarko. Laquelle part de gauche s’en chargea docilement, gonflant ainsi les chiffres d’une participation significativement adhérente (z’ont bien signé la charte de droite, non ?) mais qu’en réalité seul le calcul, la spéculation de ces « électeurs stratèges », comme disent les médias, justifie. À chacun sa calculette politicarde. Tilt !

Confusionnel : Que la primaire de gauche attire peu n’étonne alors pas: les « gens de droite » n’en ont rien à battre. Flamby dégommé, personne n’est à virer : ceux qui pourraient le susciter ne sont pas bêtes au point de faire des primaires, d’autant qu’ils sont tout seuls (Macron, Mélenchon). Puis vont pas se faire ficher en signant allégeance à la gauche, pas cons les mecs. Les statistiques tranchent : les gens de gauche préfèrent donc la droite. Tilt !

Irrationnel : Touchons le fond : nos primaires sont un copié mal collé des primaires américaines. Lesquelles concèdent, en premier tour intra-partidaire, un semblant de suffrage universel direct aux « petits » électeurs, avant la présidentielle réglée, elle, par les « grands » électeurs (comme le sont nos sénatoriales). Or, dans la pratique électorale américaine (régie par la constitution), lorsqu’un président en fin de mandat (et toujours en exercice), républicain ou démocrate se représente, on ne fait évidemment pas de primaires dans son camp: le parti marche derrière le président et bosse pour sa réélection. Le bidouillage français oublia ce tout petit détail: Hollande ne pouvait se soumettre à une primaire. Cela l’aurait ipso facto placé en position de conflit d’intérêt et d’anticonstitutionnalité : à la fois président de tous et devant servir ses propres intérêts et ambitions de compétiteur, autrement dit ne plus pouvoir être en état de présider, autrement dit obligé de démissionner, autrement dit : vacance du pouvoir. Imagine-t-on un président de la république nantis des boutons de la force nucléaire candidat à Qui veut gagner des millions (puisqu’à peu de chose près cela revient à ça)? Bourde qui explique la bouille décomposée de Flamby se retirant : ça y est, l’avait enfin pigé ! Tilt !

Excrémentiel : La question reste : n’y a-t-il eu aucun expert en droit constitutionnel, aucun diplômé de l’Ena voire au pire de Sciences Po, aucun « conseiller » neutre (la bienveillance étant ici exclue) ni journaliste sérieux voire satirique (parmi les meilleurs) qui n’ait pigé aussi, mais à l’avance, et prévenu ses chers concitoyens? Eh bien non. Les flippers politiques jouent au billard et ça marche : exit Sarko, exit Flamby sans passer par la case démocratie tant elle est pervertie. Rigolons au désastre. Super tilt !!!

Gratte-ciel : L’animateur de télé-réalité dénonce tous les médias menteurs. Ça valait vraiment le coup de singer les gesticulations démagocratiques qui l’ont hissé au sommet.

Et tout cela, voyez-vous, n’est même pas un scoop : quelques grenouilles en voie de dessèchement croassaient ainsi en vain dans le désert depuis longtemps. Car ça n’était pas « politiquement correct ».

La Reinette de Janvier.

reinette_janvier

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5 réflexions sur “BILLARD PRESIDENTIEL et FLIPPER PRIMAIRE

  1. Pour compléter, point de détail sur la laïcité: si l’on considère que celle-ci institue une séparation stricte entre la sphère privée (croyance ou pas) et la sphère publique (neutralité à cet égard), il faut alors convenir que cette séparation du privé et du public s’applique aussi à ce qui relève du domaine financier : séparation stricte des intérêts privés et des finances publiques (voir l’affaire Fillon). Ici le « point de contradiction » (et de confusion, qui empêche l’application de la laïcité en ce domaine des finances) est constitué par les prélèvements d’imposition honnis par les rupins si prompts à défendre la primauté de la croyance (pourvu qu’il s’agisse de la leur).
    Malheureusement, vu que la privatisation tout azimut est devenue mondialement la règle depuis 2001 (y compris celle des « biens immatériels » tels que les services, notamment publics, droits, brevets sur le vivant, créations intellectuelles, etc. – voir l’AGCS), cette malheureuse laïcité est invalidée sur ce plan financier – alors qu’elle garantit également l’éducation gratuite, laïque (et obligatoire jusqu’en classe de 3ème) ainsi que la neutralité, la permanence et l’accès de tous aux services publics.
    La question reste: quand donc enfin l’économie sera-t-elle qualifiée de croyance – définition que nombre d’économistes posent depuis plus de quinze ans, au vu des délires spéculatifs qui aujourd’hui la régissent?
    Et enfin, autre point de détail: l’adjectif qualifiant la laïcité s’écrit bien, au masculin comme au féminin, de la façon suivante: laïque. La racine en est le « Laïkos » grec (le peuple).
    L’adjectif « laïc », lui, est un terme ecclésial (de l’église catholique) qui signifie simplement « celui qui n’est pas oint, pas consacré » et sa racine en est le « laïcus » romain. Le confusionnisme, ici, est constamment à l’oeuvre…
    Ainsi aucun combat pour la laïcité ne saurait se limiter au religieux – à moins de considérer que le culte de l’argent soit la religion impossible à abattre. Ce qui, hélas, est un fait, car de la même manière que l’église imposait en réalité sa vérité, la croyance de la « divinité des marchés » s’impose aujourd’hui de même: les bons dieux ont toujours besoin de leurs diables.
    Et le fondement de tout esprit libre est de ne pas confondre vérité et réalité, le « vrai » et le « réel ».

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  2. L’ insulte à nos athéismes est constant, que ce soit les cloches des églises ( à Castelginest 31, le maire Carneiro, mouton en portugais, a fait installer une trentaine de carillons joués par les-dites cloches AVEC L ARGENT PUBLIC) ou les appels des muezzins, quand ce ne sont pas les Témoins de Jéhovah sur les marchés publics, que ce soit les PPP (partenariat public privé) comme à ND des landes ou tout récemment avec le phynancement des autoroutes (moitié collectivités locales, moitié augmentation du tarif des péages) qui va voir le contribuable payer 2 fois s’ il est usager et même une fois s’ il n’ est pas usager de l’ autoroute. Merci Ce-Golem-Royal!!!
    Par exemple le coût du « chômage » organisé faut-il le rappeler par le Merdef et son Pierrot Gourmand est de €35 milliards quand l’ évasion fiscale (estimation basse) est de €85 milliards (€2000 milliards pour l’ Europe).
    Alors on nous agite le spectre de la délocalisation des entreprises si jamais la pression fiscale s’ accroissait et la perte d’ « emplois ». Mais en taisant le fait que bientôt tous les zemplois répétitifs seront effectués par les robots, jamais malades, jamais en grève, jamais enceintes. Et Ô subtile manoeuvre la plus-value n ‘est jamais redistribuée aux vrais opérateurs mais confisquée au profit et rôle des actionnaires. Le pompon est atteint gravement quand on parle d’ « interressement social » des salariéEs, se faisant exploiter et recevant même du fric (mais pas trop, faut pas pousser mémé dans les orties) pour se défoncer pour l’ entreprise…ça revient à passer un coup de peinture sur les chaines de l’ esclavage déguisé en salariat….et organiser la lutte de touTEs contre touTEs…de quoi gerber et on s’ étonne que certainEs pètent les plombs. Moi ce qui m’ étonne c ‘est qu’ il n’ y en ait pas plus.

    Abraço do Sam

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  3. Allo la dernière mouture de la novlangue confusionnelle: discours de Fillon ce jour, texto: « La gauche oublie la tradition ouvrière française »…
    les patrons défendant les ouvriers !!!
    ça vous étonne?
    Faut pas.
    Comme disait Ford (pas Gerald mais le pdg des usines de Detroit dans les années 40): « Je paie MES ouvriers pour qu’ils achètent MES voitures ».

    Fillon copié-collé.

    Benoît, gaffe: si jamais t’arrivais président sans trahir ton programme, enfile un kevlar (pare-balles) et un casque intégral dans tous tes déplacements… car mondialement tu seras à toi seul un tentant remake d’Allende (entre Trump et Poutine et allii ordurii réuniii) :
    11 SEPTEMBRE 1973.
    ça vous rappelle quelque chose?
    je doute qu’assez de français s’en souviennent, mais peut-être y a-t-il encore assez de Chiliens en France?
    L’Élysée versus La Moneda. Why not?

    besos – el publo unido jamas sera vencido.

    NO PASARAN

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  4. Dernière « fillonerie », des sanglots dans la voix dans la peine pour cette lope: « Nous n’ avons qu’ un seul compte bancaire à Sablé le champ…..oups!!! sur Sarthe, Pénélope et moi ».
    Applaudis à tout va par 15.000 ahuriEs scandant Pénélope, les impétrantEs (trente et un maximum) du château de Solesme patinent un peu plus dans la rillette, normal (si j’ osai mauvais), quand ces salopes rient.

    Gros Blème: c’est contraire au règlement de l’Assemblée nationale, comme l’explique la députée Europe Ecologie-Les Verts, Laurence Abeille, sur Twitter.
    Hum…? Les députés doivent obligatoirement avoir compte bancaire séparé pour versement indemnités frais de mandat !

    — Abeille Laurence (@LaurenceAbeille) 29 janvier 2017

    Un compte dédié pour recevoir l’IRFM
    En effet, François Fillon, en tant que député de Paris, perçoit une indemnité parlementaire ainsi qu’une indemnité représentative de frais de mandat (IRFM). Cette somme (5 770 euros bruts mensuels au 1er janvier 2016) permet à un élu de régler ses frais professionnels (payer le loyer d’une permanence ou d’un bureau, l’essence nécessaire pour parcourir sa circonscription, des gerbes de fleurs pour les cérémonies officielles, des coupes pour les tournois sportifs, un site internet ou l’édition d’une lettre du député).
    Et le règlement de l’Assemblée nationale exige un compte spécifique à l’IRFM. En juin 2015, le déontologue de l’Assemblée nationale rappelait (document PDF) que l’IRFM doit « être versé sur un compte bancaire spécifiquement dédié, et ne recevant aucun autre versement. Cette règle, déjà mise en pratique dans les faits, garantit une meilleure gestion et une plus grande transparence de l’IRFM. » « A moins de n’avoir pas respecté ce règlement, François Fillon a donc nécessairement deux comptes… », souligne donc Libération.

    Comme disait l’ autre: « A moi compte, deux mots ».
    Abraço do Sam

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