Précisions d’ Anne Vernet-Sévenier à propos de son dernier ouvrage


« En fait, je distingue la critique du concept de dieu, de ses religions et clergés (en tant qu’athée), de la question de la mort comme “croyance obligée” qui, elle, fait le socle des foutaises de spiritualités soi-disant sans dieu tout aussi chiantes qu’avec, voire même encore davantage car plus pernicieuses encore parce qu’elles prétendent à la libre pensée et à une scientificité de pacotille.

Aussi, lorsque je te disais dans le mail que je “casse les religions” c’était un peu court et je ne suis pas trop à l’aise avec la reprise de mes mots tels quels.1-anne-2015

Si on veut être efficace dans cette critique, il faut abattre d’un côté le concept du dieu super père noël et de l’autre côté refuser radicalement toute spéculation sur la “mort”. La mort ne nous est jamais perceptible que comme spectacle: celui du corps sans vie, du cadavre, la “Chose”. Spéculaire pur. Sinon, c’est que le mort, c’est toi. Et rideau.
Tout ce qu’on s’imagine pouvoir en penser n’est et ne peut être en réalité que croyance (y compris le matérialisme de la décomposition subatomique). La mort c’est la mort et nul n’en peut rien savoir ni dire – ni même penser, si celui qui pense le fait en toute honnêteté intellectuelle. »

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4 réflexions sur “Précisions d’ Anne Vernet-Sévenier à propos de son dernier ouvrage

  1. La dernière partie de la dernière phrase me rassure, car je ne sais jamais que dire quand quelqu’un meurt, même si c’est un proche. C’est le vide laissé par l’être cher qui fait mal, même parfois atrocement mal.

    Il n’y a qu’un truc, c’est que la mort s’annonce toujours. Il suffit de sentir le vent dans la tête…

    Bises de Gene

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  2. Gene, merci. Moi aussi je ne sais que dire. « Condoléances » sonne toujours comme une cloche froide…
    Je ne sais si la mort s’annonce toujours. Je l’espère. Et le vent dans la tête, je ne sais pas. Pour le moins signe d’un pic d’hypertension fatale à ce que disent les toubibs.
    Mais la mort des chiens…
    Mon Bakou s’en est allé, euthanasié après un cancer du rein qui l’a fauché en un mois – en paix, dans mes bras, son frère et sa mère près de lui. Souffrance atroce du deuil, collective: son frère, Gatsby, chien chantant, pleurait en rêve à longs sanglots la perte de son frère. Sa mère ne pleura pas. Elle développa des lipomes.
    Puis Gatsby a eu un fils, le petit Asiki. Et brutalement, en une journée, il s’est à son tour effondré – du même cancer.
    Mort dans mes bras, d’une crise cardiaque, en pleine nuit. Son fils (5mois) s’efforça en vain de le réveiller en lui léchant le museau. Puis, vaincu par l’incompréhensible il s’est lové contre le corps de son père.
    Il fallait d’urgence l’en séparer. Je l’ai pris dans mes bras, nous avons quitté la pièce avec sa grand-mère, fermé la porte et nous nous sommes, les Trois, longuement consolés – tout en murmures, tout doucement, paix revenant.
    Mais Asiki persiste à saluer tous les « grands » qu’il rencontre dans l’espoir (peut-être?) d’y retrouver un père…
    Et Mali garde depuis ses « boules de chagrin » sous la peau… diminuant un peu avec l’impétuosité aimante de son petit-fils. Je revis périodiquement l’horreur des souvenirs – et la splendeur de leur amour toujours présent.
    J’ai mêlé les cendres des deux frères. Et en ai dispersé une partie dans le fleuve qui a habité leurs vies.
    Onze roses les ont suivies au fil de l’eau.

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  3. Merci Nanou de partager ton expérience.

    Je ne parlerai que de Kaalo, mon chien qui a remplacé Tao, m’évitant ainsi de tomber dans une spirale que je ne reconnaissais pas en tant que tel. Il a fallu du temps pour que j’accepte mon Kaalo, mais au retour de mes nombreuses séances cognitives, il m’est devenu urgent de quitter le cabinet médical pour rejoindre mon poilu avec lequel j’ai fusionné total.

    Mais Kaalo était un chien qui a été modifié pour devenir une bête de concours qui répondait non pas aux critères de sa race, mais aux critères de la race décidés par les juges de concours. Bref, que des problèmes de santé jusqu’à l’âge de ses trois ans, âge auquel l’épilepsie se développe. Il a donc aussi traîté pour cela, et on ne meurt pas de l’épilepsie m’a-t-on assurée.

    Toujours est-il que vers l’âge de 5 ans, Kaalo a fait 2 crises d’épilepsie en une demie-heure et ce, avec un cri de loup que je ne lui connaissais pas. Là, j’ai un pan de ma façade qui s’est écroulé. Je savais que c’était la fin, mais pendant deux semaines, nous nous sommes battus pour savoir ce qu’il avait, car il ne mangeait plus. Pendant la dernière semaine, je le portais à bout de bras jusque chez le vétérinaire pour que ce dernier fasse des examens en procédant par élimination. Le vendredi, après une gastro-entérologie, on savait enfin ce qu’il avait et je devais le ramener le samedi pour que le véto le soigne par perfusion, ceci afin de lui éviter de prendre des médocs par voie orale.

    Lorsque je suis rentrée avec Kaalo, il s’est arrêté avant le pont et m’a regardée. Un long regard que je ne suis pas parvenue à soutenir. Je l’ai pris dans mes bras et je l’ai porté jusque chez moi. Arrivé chez lui, Kaalo est allé se réfugier dans son nid, sous le lit, et alors que je me suis endormie devant la téloche, mon poilu fait sa dernière crise d’épilepsie. Je lui ai rentré la langue et fermé sa bouche. Ses yeux étaient déjà fermés….

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