Jean Casanova – Le supplice libyen


(Siège de BFM TV – 12, rue d’Oradour-sur-Glane – Paris 15°____₅ Novembre 2016)

–—Jean Casanova

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—–Beaucoup d’entre vous connaissaient déjà, heureusement sans pour autant y avoir été soumis, le supplice chinois.

Depuis leur relation à l’époque du Moyen Âge, les supplices chinois ont fait couler beaucoup d’encre et beaucoup de larmes.

Le terme de bourreau chinois est ainsi resté depuis dans l’expression populaire comme celui de l’homme le plus cruel. Et l’Empire du Milieu comme celui du pays de la cruauté la plus raffinée.

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Le plus célèbre de ces supplices était celui de la goutte d’eau. Le condamné, attaché, allongé et immobile sur une planche, recevait une goutte d’eau sur le front, toujours au même endroit, à intervalles réguliers. Immanquablement, le supplicié sombrait dans la folie au bout de quelques jours.

—–Mais qu’en est-il du supplice libyen ?

Plusieurs associations de défense des Droits de l’Homme, ainsi qu’Amnesty International, viennent de lancer une pétition pour dénoncer le traitement, ce supplice justement, aujourd’hui infligé à un prévenu bénéficiant encore de la présomption d’innocence. Serait-il coupable que la chose n’en serait pas moins cruelle et intolérable.

Dénommons ce supplicié. Paul Bismuth. Nous verrons plus loin de quoi il retourne dans ce supplice. Et si risque vraiment d’en perdre la raison il y a.

–—-Paul Bismuth est déjà soumis à la question dans nombre d’autres affaires, nous peinons à en dresser la liste exhaustive, Bygmalion, Kazakhgate, trafic d’influence, rétrocommissions sur ventes d’armement, escroquerie en bande organisée…

Les associations humanitaires ont plaidé pour que se tienne enfin un procès en bonne et due forme et que cessent toutes ces cruautés dignes de celles infligées par Philippe le Bel aux malheureux Templiers et de l’exécution par écartèlement du régicide Ravaillac. Arrêtons le supplice libyen, ont-elles demandé.

Venons y. En quoi consiste-t-il exactement ? Le décrire est déjà lourd d’angoisse. Il ne se passe pas de jour, et ce n’est pas sans nous rappeler le supplice de la goutte d’eau, que ne soit mis sur la table par les grands médias écrits et audiovisuels, ceux qui font l’opinion, Le Monde, Mediapart, Le Figaro avec peut-être moins d’intensité, L’Humanité également, que ne soit mis sur la table, et Paul Bismuth sur la sellette, le fantôme de Kadhafi.

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Financement corrupteur de campagnes électorales en 2007, accueil à Paris d’une tente de bédouin dans les jardins de l’Hôtel de Marigny en 2008, puis, en 2011, brutal retournement et opérations aéroportées de grande envergure sur Benghazi et Tripoli. Jusqu’au soupçon d’exécution pure et simple au sortir d’une bouche d’égout dans le désert. Autre soupçon, la contribution à l’élimination de témoins gênants, comme celle de Choukri Ghanem, le ministre libyen du Pétrole, retrouvé noyé dans le lac Léman en 2012. C’est tout cela le fantôme de Kadhafi.

Et les questions s’enchaînent. La guerre de Libye de Mars à Septembre 2011, engagée par Paul Bismuth avec le soutien de David Cameron et du Royaume-Uni, l’a-t-elle été pour effacer et enterrer ce lourd dossier ? Ou tout simplement à l’appel du célèbre destructeur de dictateurs, l’humaniste BHL ?

A big lie, un gros mensonge, a répondu de façon cinglante un rapport de la Commission des Affaires Étrangères du Parlement britannique. Lequel rapport pointe comme élément-clé du déclenchement de cette guerre et du chaos qui l’a suivie, l’objectif souterrain de Paul Bismuth de « conforter sa situation politique personnelle en France ».

Qu’est-ce à dire, conforter ? Soyez plus clair, my dear.

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—–La justice française ne veut pas baisser les bras. À preuve, la confrontation organisée il y a 48 heures dans les bureaux des juges Erik Vansteerbergen et Andréï Vychinski, confrontation que vous avez pu voir retransmise en direct sur vos écrans par la chaîne BFM TV.

Les plus érudits se souviendront d’Andréï Vychinski, le célèbre procureur des Procès de Moscou des années 30 et 40. Célèbre pour sa capacité à arracher aux accusés, sous la menace ou par la promesse de la clémence, les aveux les plus compromettants. Il vient dans ce dossier, de montrer qu’il a perdu sa pugnacité d’antan.

Car au cours de cette confrontation publique, personne, ni Paul Bismuth, ni ses supposés complices, le Premier Ministre d’alors, Mars 2011, et son Ministre des Affaires Étrangères, encore le mois précédent Ministre de la Défense, et donc au courant, pour ne pas dire qu’il ne les avait pas lui-même organisés, des préparatifs militaires des raids sur Benghazi, Tobrouk et Tripoli, personne n’a voulu parler. Tactique de défense habituelle de tout les marlous dans les bureaux des juges, tous se sont livrés à d’inutiles et d’interminables digressions sur l’Emploi qu’ils allaient améliorer, l’immigration qu’ils allaient stopper, que sais-je encore, la Fonction Publique qu’ils allaient réduire comme peau de chagrin.

Pardonnez-nous cette outrageuse et offensante comparaison. Jean Moulin, sous la torture, n’avait donné à Klaus Barbie qu’un nom : le sien. À la même chose, donner son nom, Paul Bismuth s’est refusé.

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La pétition lancée par Amnesty International pour l’abolition du supplice lybien dans les commissariats, les bureaux de juges et dans les médias, et donc sur la place publique, cette pétition doit continuer d’être signée. Car, en ce moment même, le supplice libyen se poursuit.

supplice-lybien_6« L’œil était dans la tombe et regardait Caïn »

(La Légende des Siècles – Victor Hugo)

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5 réflexions sur “Jean Casanova – Le supplice libyen

    1. les usages du Bismuth selon Wikipédia, pas de traitement de la GDBois
      😉
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Bismuth
      Abraço do Sam

      Alliages multi-fonctions

      Notez qu’à l’eutectique des alliages à bas point de fusion, soit à 48 % de bismuth en masse, on obtient essentiellement des alliages qui se contractent, et à plus de 55%, des alliages qui se dilatent. Un des premiers usages de ceux-ci est la soudure avec un matériel réduit a minima. L’alliage au plomb type 44 % en masse de Pb et 56 % en Bi dont le point de fusion équivaut à 125 °C permet de réaliser des soudures à froid. En électronique, allié avec l’étain (Sn 42 Bi 58), il est utilisé comme soudure (brasure) sans plomb (RoHS) à bas point de fusion.

      L’alliage d’Arcet ou alliage de Darcet soit 49,2 % de Bi, 32,2 % Pb, 18,4 % de Sn fond avant 97 °C. Un métal de Wood soit grossièrement 50 % de Bi, 25 % Pb, 12,5 % de Cd et de Sn fond dans l’eau chaude à environ 70 °C.

      Les alliages de Wood, de Rose ou de Field sont d’excellents fusible en électricité : on utilise fréquemment comme fil fusible, un alliage de bismuth et d’étain (40 % / 60 %), qui possède un point de fusion très bas.

      Ce sont en conséquence des fusibles adaptés à la protection incendie ou à l’alarme thermique (thermo-alarmes) : ces alliages peuvent jouer le rôle de coupe-circuits électriques, de vannes de sécurité anti-incendie, par exemple en déclenchant une chute de colonne d’eau en présence de fumées chaudes ou de vapeurs. Dans les installations d’extinction automatique à eau, souvent communément appelées « sprinkler », on utilise parfois comme obturateur un mélange quasi-eutectique très fusible qui fond à 47 °C. Il est très proche d’un alliage utilisé comme joint verre-métal à base de bismuth (49,2 %), plomb (22 %), zinc Zn (18 %), étain Sn (8 %), calcium Ca (5 %), mercure Hg (4 %) et qui fond à 45 °C.

      Ainsi les têtes arroseuses de sprinklers ou les prises de sûreté pour cylindres de gaz comprimés sont en alliages de bismuth.

      Le bismuth lourd est un des ingrédients méconnus des « plombs de chasse » : ces « plombs » (ou plus précisément les grenailles) des cartouches « sans plomb », dont chevrotines, sont un alliage de plomb, d’antimoine et d’arsenic parfois remplacé par du bismuth. Pour mettre fin à la pollution par le plomb et aux nombreuses intoxications d’oiseaux, le bismuth (allié à 5 % d’étain) remplace parfois les « plombs » classiques. Ces derniers sont le plus souvent remplacés par de l’acier doux qui peut être « bismuthé » (contre l’oxydation), d’autant que les ressources connues de bismuth sont limitées.

      Ces alliages denses peuvent être employés comme plomb de pêche.

      Ces alliages avec Mn ont permis de mettre au point des aimants permanents, à champs coercitif élevé. Notez que l’on peut utiliser également l’oxyde de bismuth pour les aimants.

      En plomberie, l’utilisation du bismuth, en substitution au plomb pour les assemblages techniques, est à l’étude. Ces alliages parfois utilisés en tuyautage et pour souder.

      Il ne faut pas oublier que le bismuth est présent dans les éléments thermo-électriques, sous forme de Semi-conducteurs à propriétés thermoélectriques tels que Bi2Te3. Il permet la conception de thermocouples;
      Industrie verrière, céramique et chimique

      Il est utilisé dans l’industrie verrière et céramique, notamment sous forme d’oxydes. Pour le verre et la céramique, l’oxynitrate ou sous-nitrate de bismuth, BiONO3, est utilisé comme pigment blanc dans le verre et dans la céramique. L’orthovanadate de bismuth BiVO4 est utilisé comme pigment vert-jaune pour le verre et la céramique. Pour l’émaillage, on utilise du borosilicate de bismuth. Le phosphate de bismuth est un composant des verres optiques ou flint glass.

      Les composés du bismuth sont aussi employé comme pigment en peinture, l’oxyde Bi2O3 a été ou est utilisé pour obtenir du jaune, que l’on remarque sur les grues jaunes de chantier. L’oxychlorure BiOCl donne un pigment blanc. Ce dernier est employé pour fabriquer des perles artificielles. Ces propriétés sont utilisées en pyrotechnie.

      Le carboxylate de bismuth reste un siccatif en peinture.

      Ses dérivés sont employés par l’industrie chimique et la chimie des fibres artificielles, tels que les fibres acryliques, et des polymères. Certains, comme le sesquioxyde de bismuth Bi2O3, sont des catalyseurs, par exemple pour la vulcanisation du caoutchouc ou pour la synthèse de fibres textiles. Il a aussi été utilisé pour ignifuger des papiers ou polymères. Certains de ses dérivés sont assimilés à des retardateurs de flamme.

      BiCl3 est aussi un efficace catalyseur de réaction chimique.

      L’hydroxyde de bismuth, à l’instar du phosphate de bismuth, est un réactif de séparation du plutonium de l’uranium irradié.

      L’hydrure de bismuth, aussi instable, volatil et réactif qu’il soit, permet de préparer des semi-conducteurs au germanium et soufre.

      Le bismuth entre dans la composition de fongicides. Ces produits d’usage particulier ont la particularité d’être disséminés dans l’environnement.
      Médecine, parapharmacie, soins du corps

      Ses dérivés comme les sous-nitrates et les sous-carbonates sont employés depuis des siècles en médecine et en pharmacie galénique, voire en parapharmacie, sous le nom de « magisterium bismuti », évoquant un dépôt insoluble à propriétés antiseptiques: Le bismuth a autrefois été utilisé dans la pharmacopée sous des formes variées, notamment par voie orale, contre l’ulcère gastro-duodénal et dans diverses indications digestives : diarrhée, constipation, colites, entérites. Il s’agit d’un calmant d’usage ancien pour les troubles digestifs, mais aussi d’un antiseptique pour les blessures et infections cutanés. Il a été également utilisé autrefois contre la syphilis.

      Le nitrate de bismuth basique, Bi(OH)2NO3 autrefois dénommés « magistère de bismuth » était utilisé comme pansements gastriques ainsi que pour enduire les pansements pour brûlure, comme remèdes contre la diarrhée et en dermatologie. Il fallait que le bismuth soit chimiquement pur, sans traces même minimes d’arsenic, de tellure, d’argent ou de plomb qui forment des composés toxiques. Le bismuth sous forme soluble dans l’eau ou insoluble dans l’eau en posologie excessive a été interdit en France après de nombreux problèmes d’intoxication graves lors de traitement médicaux.

      Les dérivés bismuthiques de la chimie organique font néanmoins toujours partie de la pharmacie médicamenteuse, mais à très faibles doses et sous forme de produits purs et insolubles dans l’eau depuis le constat inquiétant de métabolisation du bismuth et l’occurrence d’encéphalopathies graves causées par forte absorption thérapeutique13. Les sels insolubles, à absorption digestive limitée constituent encore de remarquables pansements : parmi eux, les nitrates et carbonates basiques de bismuth, à fort pouvoir couvrant, montrent des propriétés antiacides et antiseptiques, réduisant drastiquement les fermentations. Ces couches salines en se divisant permettent une forte adsorption chalcophile, le bismuth fixant facilement les gaz soufrés en se minéralisant en sulfure de bismuth Bi2S3 qui colore alors les fèces en noir. Comme le bismuth est opaque aux RX, il faut suspendre ce type de pansement avant une exploration radiologique du tube digestif qui nécessite la progression de substances de contrastes spécifiques.

      Il est encore utilisé dans les traitements de la leucémie. Certains oligothérapeutes le recommandent encore à dose faible pour combattre des infections virales répétées, perpétuant le plus souvent des réactions inflammatoires douloureuses, tels certains maux de gorges décrits en laryngite ou pharyngite14.

      Il s’agit en effet d’un des biocides naturels connus: il a été utilisé dans certains désinfectants sous forme de sesquioxyde de bismuth, mais comme le mercure, il a été remplacé par des produits moins toxiques et/ou dégradables. Son action biocide envers les micro-organismes intestinaux vecteurs de maladie ou les développements viraux justifie à l’aide de (sous)succinates de bismuth la thérapeutique par voie rectale sous forme de suppositoire pour les angines ou comme traitement antisyphilitique par voie parentérale. Les (inter)cures d’antibiothérapie font encore appel à des dérivés liposolubles, tels que le butyl-thiolaurate de bismuthyle ou l’iodobismuthite de quinine, par injections musculaires à dates programmées.

      En cosmétique, en particulier pour les rouges à lèvres ou les laques pour ongles, on utilise largement de l’oxychlorure de bismuth (BiOCl) ainsi que de l’oxynitrate de bismuth (BiONO3) pour sa brillance nacrée. L’oxychlorure de bismuth apporte un aspect perlé aux rouges à lèvres, aux vernis à ongles et aux ombres à paupières.

      Le citrate de bismuth à 0,2 % est aussi utilisé dans une lotion de repigmentation des cheveux15. Les ions de bismuth réagissent en effet avec la fibroprotéine du cheveu (kératine) par l’intermédiaire du soufre également contenu dans cette lotion.

      Dans certains pays, qui n’appliquent pas le principe de précaution stipulée en 1974 en France, ses dérivés entrent dans la composition de déodorants.
      Commerce

      Le plus grand producteur mondial de bismuth est la Chine, à plus de 60 % dans les années 2010. La Chine serait également propriétaire d’environ trois-quart des quelques 340 à 350 mille tonnes de réserves reconnues et exploitables facilement, estimée à quarante années d’usage à un rythme de consommation annuelle stable de 9000 tonnes.

      La France est nette importatrice de bismuth, d’après les douanes françaises, en 2014. Le prix moyen à la tonne à l’import était de 17 000 €16.

      Avant les années 2010, le prix de 100 g de bismuth très pur avoisinait 40 dollars US. Acheté en masse et conditionné à un degré moins pur, le kilogramme de bismuth pouvait se réduire entre 20 et 30 dollars US, atteignant parfois une dizaine de dollars US.
      Toxicité environnementale

      Son écotoxicité est au moins pour partie connue. Celle de ses isotopes l’est moins, mais l’IRSN a produit une fiche pédagogique sur le bismuth 21017.

      Le métal Bi est réputé être le moins toxique des métaux lourds, ou en tous cas, celui dont les effets sont les plus rapidement réversibles.
      Toxicité pour l’homme

      Son mode d’action physiopathologique a été peu étudié et n’est pas encore compris, mais en 1860, plus de 100 ans avant son interdiction presque totale en France (en 1974), Antoine Béchamp (contemporain de Pasteur, professeur à Montpellier), dans sa thèse de médecine (« Préparation et les caractères du sous-nitrate de bismuth ») en collaboration avec C. Saintpierre, mettait déjà en garde quant à la toxicité des sels de bismuth.

      Des sels de bismuth dont le salicylate de bismuth ont été testés parentéralement aux humains contre la syphilis, avec des effets secondaires graves liés à sa toxicité (gingivostomatite avec « ligne de bismuth » — taches noires sur les gencives, haleine fétide, salivation), dégâts sur le foie, le rein, et surtout effet neurotoxiques affectant l’ensemble du système nerveux central. À la différence des autres métaux lourds, ses effets toxiques semblent disparaître après quelques mois, mais ses effets sur l’embryon ou le fœtus ne semblent pas avoir été étudiés, pas plus que ses impacts sur les ouvriers qui y ont été exposés.

      Ses vapeurs sont toxiques.

      Les chélateurs, la D-pénicillamine et son dérivé N-acétyl sont des antidotes qui se sont montrés efficaces sur la souris intoxiquée par du citrate de bismuth par voie intrapéritonéale18.

      Le bismuth ingéré n’est quasiment pas retrouvé dans le plasma (normalement inférieure à 1 ron 10), ce qui montre qu’il est partiellement absorbé par le tube digestif.

      En dépit de mises en garde datant de plus d’un siècle, le bismuth était avant 1974 utilisé à posologie élevée, sans période d’interruption et sans aucune limitation de durée. Des précautions d’emploi édictées dès avant 1910 demandaient qu’en raison de sa toxicité, le bismuth soit prescrit en cures discontinues, mais laboratoires et médecins ont encouragé son usage thérapeutique qui en 10 ans (de 1964 à 1974) avait doublé atteignant 800 t/an en France.

      Les progrès de l’épidémiologie ont permis en France dès 1974 d’attribuer de manière certaine à l’ingestion de bismuth médicamenteux des encéphalopathies survenant généralement en 2 phases : une phase prodromique (troubles non spécifiques de type asthénie, insomnie, céphalées perte de mémoire) précédant une phase aiguë (avec des troubles neurologiques graves rappelant les symptômes induits par d’autres métaux lourds tels que le plomb ou le mercure ; dysarthrie, ataxie, troubles de la marche, myoclonies, tremblements, désorientation, agitation, troubles de la mémoire, état confusionnel, hallucinations, convulsions).

      Heureusement, l’interruption de la prise de Bismuth était suivie d’une amélioration clinique en quelques jours, avec toutefois une persistance durant quelques mois d’asthénie, de problèmes de mémoire, de sommeil et/ou de céphalées.

      Après environ un millier de cas repérés en France et en Australie, le ministère de la santé français a finalement interdit le bismuth à haute dose dans les médicaments19,20. Il reste utilisé avec succès dans les affections de la sphère ORL à très faibles doses (oligothérapie) et par exemple, dans certains pays, sous forme de « sous-citrate de bismuth-colloïdal » (citrate (DENOL*) et complexe citrate de bismuth-ranitidine). Ces produits sont uniquement autorisés contre l’ulcère gastroduodénal où le bismuth semble assez toxique pour tuer la bactérie Helicobacter pylori, laquelle induit généralement ce type d’ulcère et est très résistante. Les doses de bismuth dans ce médicament sont toutefois bien plus faibles que celles qui étaient prescrites avant 1974 et chaque phase de traitement ne peut aujourd’hui excéder un mois maximum avec, entre deux traitements, un arrêt minimal de deux mois.
      Histoire chimique et étymologie

      Un étymon double de l’allemand « weisse Masse » « masse blanche » ou mieux « weisse matte» « blanche matte » est souvent proposé pour expliquer l’allemand das Wismuth. Dans un modeste livret destiné à l’apprenti maître-mineur intitulé Ein nützlich Bergbüchlin paru vers 1527 le nom de wismuth apparaît sous la forme wißmad ärcz c’est-à-dire de minerai de bismuth (wissmatt ou wissmad), pour signaler qu’il est fréquemment associé aux veines cobalto-argentifères. Georgius Bauer dit Agricola le décrit avec précision21. il le nomme sous l’influence alchimique aussi cinereum plumbum ou plomb cendré proposant d’emblée une association intime d’un métal plus dense, qui serait le plomb, avec des cendres carbonées moins denses pour expliquer la curieuse réduction à l’air ou la réduction ipso facto du mélange des mélanges minéraux (sulfures/oxydes) en bismuth natif, d’aspect métallique.

      Le métal lourd ou le bismuth natif est connu sous l’appellation bisemutum en latin médiéval et en langue alchimique, au plus tôt dès 1450 avec wismutum et au plus tard avec bisemutum vers 153022. Il est attesté par le moyen-allemand wesemut en 1390. Il est probablement une adaptation d’un terme d’origine lointaine, en réalité arabe et/ou grec, qui a pu être réalisée par traduction du livre référence « De materia medica » de Dioscurides à partir du IXe siècle ou par rencontres postérieures de quelques spécialistes miniers. Les formes hypothétiques peuvent être :

      b[i]sīmūtīyūn, qui serait une adaptation lettrée du vieux grec ψιμύθιον psimýthion ‚blanc de plomb‘
      bi iṯ’mid ou bi’ ’ithmidsignifiant trivialement ‘semblable à l’antimoine‘, en supposant connue la similarité et la différence évidente entre bismuth natif et antimoine natif sur le site minier.

      Ces deux dernières hypothèses sont les plus plausibles. Mais la tradition minière propose encore deux dernières hypothèses : la première est attachée à la dénomination du site minier Saint-Georges « in der Wiesen » à proximité du Schneeberg dans l’Erzgebirge saxon au XVe siècle pour la production de matte ou de masse de bismuth ou parfois simplement l’intense activité minière, la seconde rappelle que l’étymon wis(se)mat n’est qu’une masse ou matte blanche23. Il ne faut nullement condamner ces étymologies populaires ou pseudo-savantes qui ont le mérite de rappeler une ancienne réalité minière.
      Fusion du bismuth pour la gravure

      Le bismuth est évoqué abondamment dans les écrits du pseudo-moine bénédictin Basilius Valentinus du milieu du XVe siècle, dont on suppose aujourd’hui qu’il est le pseudonyme et le faire-valoir de l’éditeur allemand Johann Thölde vivant au début du XVIIe siècle. Trop associée aux arcanes d’une alchimie symbolique, cette matière rare n’est véritablement connue que des hommes de l’art minier ou familier des techniques métallurgiques. En témoigne la diversité de ces appellations synonymes plomb cendré ou « plumbum cinearum » en latin, antimoine blanc, étain de glace ou étain gris, glaure, weisse matte, vrai démorgon, nymphe,

      Ses véritables promoteurs dans la science du siècle des Lumières restent les chimistes Jean Hellot, Claude François Geoffroy, Johann Heinrich Pott, Carl Wilhelm Scheele et Torbern Olof Bergman24

      Dans les milieux autres que miniers ou techniques, de potier d’étain ou d'(al)chimistes, le bismuth a pu être parfois confondu avec l’antimoine, le plomb, le zinc ou d’autres métaux lourds. Mais c’est une facilité que les classificateurs scientifiques du siècle des Lumières ont empruntée pour mieux glorifier leurs études sérieuses.

      Rappelons que le tain est à l’origine un alliage de plomb, d’étain et de bismuth réduit en feuille sur une surface miroir.

      En 1830 la Saxe minière initie la première production industrielle de bismuth. Vers 1901, le débismuthage de plomb doux dans l’industrie commence à livrer une grande quantité de bismuth en sous-produit. L’essor des alliages contenant du bismuth est nette dès l’entre-deux-guerres et se poursuit dans les années 1950.

      En 1953, la consommation médicamenteuse de bismuth en thérapeutique dépasse 150 tonnes par an. Les constats sanitaires néfastes déterminent les mesures tardives du ministère de la santé en 1974, opérant néanmoins un efficace recul du bismuth en pharmacie, à moins de 10 tonnes en 1979.

      Mais, paradoxalement, l’emploi de composés du bismuth comme retardateur de flamme dans l’industrie plastique ou comme pigment dense dopent l’essor industriel du bismuth. La mise au point de munitions, en particulier de balles sophistiqués en bismuth, permet de réduire l’emploi du plomb trop polluant.

      Aimé par 1 personne

      1. J’avais lu déjà tout cela quand j’ai fait des recherches avant d’écrire ma connerie 😉

        Mais tu avoueras qu’on ingérait bien du bismuth jusqu’en 1974…et on mettait du mercurochrome sur nos eczémas de gravier !!! On était fous ;-)))

        Bises enneigées de Gene

        J'aime

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