[Suisse] Parrainages de réfugiés menacés de renvoi par des personnalités vaudoises


Relais Collectif R

Trois nouveaux parrains pour protéger trois réfugiés menacés d’être séparés de leur famille !

La semaine passée, le collectif R annonçait quatre nouveaux parrainages, ceux de David Payot, Michel Bühler, Raphaël Mahaim et François Debluë. Cette semaine, le Conseiller communal de la Ville de Morges Monsieur Jean-Bernard Thuler a décidé de parrainer un homme menacé de renvoi vers l’Allemagne. Blaise Hofmann, écrivain romand, parraine lui aussi une femme menacée de renvoi vers la France et enfin Hadrien Buclin, Conseiller communal de la Ville de Lausanne, défend un jeune sri-lankais menacé de renvoi vers l’Autriche.
Dans les trois situations, la situation familiale et individuelle des personnes est absolument niée, ce qui donne à nouveau lieu à une décision absurde !

Blaise Hofmann protège Madame M., une jeune fille éthiopienne de 21 ans. Elle a rejoint la Suisse pour retrouver son père qui réside à Lausanne depuis 20 ans. Au bénéfice d’un permis de séjour, celui-ci travaille en tant qu’employé d’une institution cantonale. Parfaitement intégré, il a tout essayé pour faire venir sa fille en Suisse légalement. Malgré ses efforts, les démarches entreprises en vue d’un regroupement familial n’ont jamais abouti.

Peu après l’exile de son père, contraint de fuir pour des raisons politiques, Madame M. a été abandonnée par sa mère. Madame M. a grandi avec l’aide des amis de son père, mais sans jamais pouvoir le rejoindre légalement, malgré les difficultés extrêmes auxquelles elle a fait face. En Ethiopie, elle a vécu dans un climat de peur et d’isolement : elle a subi des violences sexuelles et physiques de la part d’un policier l’obligeant à vivre auprès de lui alors que Madame M. s’y refusait.

Avec l’aide de son père elle a finalement réussi à obtenir un (faux) visa pour la France pour prendre la fuite : la Suisse prononce un renvoi pour la France !

Après vingt ans de séparation, les accords de Dublin dénient à cette famille le droit de vivre enfin ensemble! L’absurdité n’a pas de limite !

M. Thuler protège A., un afghan menacé de renvoi vers l’Allemagne qui avait enfin rejoint sa famille en Suisse. Il y a deux ans, A. a quitté Vardak en Afghanistan, fuyant les talibans venus s’établir dans sa province. Gérant d’un restaurant accueillant aussi bien des hommes que des femmes dans un esprit progressiste, A. a fait l’objet de menace, et ce d’autant plus qu’il n’était pas de confession musulmane. Pour avoir travaillé avec les américains et l’armée à Dazni, son lieu d’origine, il ne pouvait y retourner car il aurait également été menacé de mort. A. a donc pris la route pour la Russie pour ensuite rejoindre l’Europe puis la Suisse où réside sa famille. Peu après le dépôt de sa demande d’asile, la mécanique Dublin s’est mise en marche pour le forcer à se rendre en Allemagne, refusant de prendre en compte ses motifs d’asile, sa situation personnelle et familiale.

M. Buclin défend Nadarasa, un jeune sri-lankais menacé de renvoi vers l’Autriche. Nadarasa à fuit le Sri-lanka pour des raisons politiques. Suspecté par le gouvernement de soutenir les rebelles tamouls, sa famille était soumise depuis longtemps à des pressions du parti au pouvoir. Il y a une année environ Nadarasa et son père ont subi des violences physiques et ils ont été torturés par la police d’Etat. Après un long voyage traumatisant, passant par l’Iran, la Turkie, la Grèce, la Macedoine, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche, il a enfin rejoint la Suisse où réside depuis longtemps un partie de sa famille. Nadarasa n’a transité que quelques jours par l’Autriche. Il s’est vu contraint de donner ses empreintes digitales sans avoir reçu des explications sur les conséquences qu’un tel acte impliquait. La Suisse est la destination du voyage de ce jeune homme qui estime que ce pays peut lui offrir la protection politique dont il a besoin.

Ces situations illustrent le règne de l’arbitraire et l’aveuglement avec lequel sont appliqués les accords Dublin : les autorités sont sourdes à leur situation personnelle et à leur détresse et appliquent d’une main de fer les accords si arrangeants de « Dublin ».

C’est pour montrer leur désaccord face à cette politique de l’autruche et à ces traitements inhumains que M. Thuler, M. Hofmann et M. Buclin ont décidé de parrainer A. et M.

Le Collectif R continuera de s’opposer avec force à ces renvois absurdes et inhumains. Il peut compter pour cela sur le refuge déménagé depuis mardi à la Chapelle Mon-Gré et sur le soutien de nombreuses personnes solidaires prêtes à s’engager comme marraines et parrains de réfugié.e.s. Dans le cas où les autorités vaudoises iraient jusqu’à employer la force à l’encontre de ces personnes, ces derniers montreront toute leur détermination pour empêcher les renvois.

Lausanne, le 3 mai 2016

collectifR_13-04-16

 


2 réflexions sur “[Suisse] Parrainages de réfugiés menacés de renvoi par des personnalités vaudoises

  1. Un grand coup de chapeau à toutEs!!!!! Puisse leur action servir d’ exemple aux grigouEs et autres frileux-SES toujours promptEs au « on n’ a pas vocation à accueillir toute la misère du monde ».

    Abraço do Sam

    Aimé par 1 personne

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