[Suisse] Renens (Lausanne): les maisons de la rue de l’Avenir expulsées


Relais Squat!net du 2 avril 2016

Qu’il se dise d’extrême gauche ou d’extrême droite, le pouvoir reste le pouvoir. La « ville rouge » jette des dizaines de personnes à la rue pour planter un champ de tournesols.

Mercredi 30 mars à cinq heures du matin, nous avons été expulsé-e-s. Dans le silence de la nuit, quand personne ne peut voir, à l’abri des regards, lorsque tout est permis. Nous le savions depuis quelques jours, l’expulsion était imminente. Pourtant, on n’arrive toujours pas à le croire. On n’arrive pas à croire que la rue était bouclée, remplie de fourgons, et que c’est le DARD, boucliers, armés, qui est venu nous réveiller. On n’arrive pas à croire qu’iels ont osé envoyer une unité spéciale grimper par les balcons pour péter des vitres et défoncer des portes à coup de bélier pour nous déloger, défoncer des portes derrière lesquelles se trouvent des familles avec des enfants en bas âge, traumatisé-e-s. On n’arrive pas à croire qu’il y a un flic qui a osé, devant une enfant de deux ans qui pleurait, lancer « Elle a quoi, elle a faim ou quoi ? ». On n’arrive pas à croire que la police a refusé l’accès à l’insuline à une personne diabétique, qui finalement, sur le point de s’évanouir, a été amenée vers l’ambulance. On n’arrive pas à croire qu’une personne a fait une crise d’asthme et n’a pas été aidée. Nous avons été traité-e-s comme des terroristes, certain-e-s d’entre nous plaqué-e-s au sol. Nous avons été immobilisé-e-s, nos affaires personnelles ont été fouillées, on ne nous a pas permis de savoir l’heure qu’il est, de boire de l’eau. Certain-e-s d’entre nous, y compris des enfants, qui ne sommes pas francophones avons été séquestré-e-s plusieurs heures dans un local des pompiers pour être fouillé-e-s et identifié-e-s, sans comprendre ce qui allait nous arriver ensuite, car on nous a refusé un-e interprète. Les flics ne nous ont donné aucune information, ne nous lachaient pas une seconde pendant toutes ces heures, même pour aller aux toilettes. D’autres personnes d’entre nous ont été emmenées au poste de police dans de toutes petites cages métalliques d’une fourgonnette, où il n’est pas possible de bouger, et ont ensuite été placées en cellule, en garde à vue pendant trois heures, sans savoir vraiment pourquoi.

On n’arrive pas à croire qu’au moment où certain-e-s d’entre nous – même avec des enfants à charge – avaient trouvé un toit qui nous évitait de dormir dans la rue, la Municipalité nous menace de couper eau, électricité et chauffage, d’arracher les fenêtres et qu’une assistante sociale nous fournisse comme « solution » une liste de numéros de téléphone d’agences immobilières et les tarifs d’un camping de la région… On n’arrive aussi juste pas à croire que dans quelques jours, ces maisons seront réellement détruites, pour planter un champ de tournesols à leur place… Et puis que nous avons réellement été mis-es à la rue, et que tous les jours nous devrons chercher un endroit où dormir alors que nous avions un logement. Et pas seulement un logement, nous y avions nos vies, un local dans lequel nous organisions des activités collectives, un jardin que nous avions commencé à cultiver.

Si, en fait, on peut y croire. Car toutes les autorités du monde, de droite comme de gauche, ne connaissent qu’un seul langage, celui de l’oppression. Car la Municipalité de Renens, comme tous les propriétaires, n’a d’intérêt que son porte-monnaie. Comme toutes les autorités démocratiques, elle justifiera sa violence par des beaux discours et des articles de loi. On peut y croire, car l’oppression et la répression, nous la subissons tous les jours. Mais la colère monte. Il y a des responsables, iels ont des noms et des adresses.

Quelques images des maisons dévastées par la Municipalité:

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[Publié le 1er avril 2016 sur Renversé.]


4 réflexions sur “[Suisse] Renens (Lausanne): les maisons de la rue de l’Avenir expulsées

  1. Un champ de tournesol ne fera pas baisser le prix du Foncier, des squatteurEs si!!!

    C ‘est tout ce qui importe aux édiles pour être Ré-éluEs. Question Municipalité, faut voir comme la Cour d’ appel de Poitiers (86) a commué la peine du Maire de la Faute sur mer de 4 ans fermes à 2 ans avec sursis. Il a pourtant délivré des permis de construire en zone inondable et au final une vingtaine de gensses ont trouvé la mort avec Xinthia.

    Les flicQUEs emploient la stratégie du choc si bien décrite par Naomi Klein pour MARQUER LES ESPRITS. Il faudra des mois voire des années aux agresséEs pour dépasser le traumatisme.

    C ‘est dégueulasse!!!! mais scientifiquement mis en oeuvre. Quand on le sait, on peut s’ y attendre , s’ y préparer, ce qui n’ empêche pas la réalité de nous tomber sur la gueule devant la VIOLENCE ETATIQUE à laquelle s’ entrainent les sbires du pouvoir…avec ce sadisme si particulier aux flicQUEs trop heureuxSES d’ être à leur place et pas à la nôtre.

    Triste réalité mais solidarité avec les squatteurEs

    Abraço do Sam

    Aimé par 1 personne

    1. Hélas ! D’autant plus que le m2 à et autour de Lausanne ont explosé. Le terrain est presque plus cher que les locaux que l’on construit dessus et on construit même à des endroits où il y a encore 30 ans en arrière, il était interdit de construire, faute de bruit.

      C’est pas dans les villes de l’Arc lémanique qu’il fait bon d’ouvrir un squat, à moins que celui-ci arrive à passer un délai de 6 mois sans évacuation, faute de quoi, on peut engager des poursuites judiciaires qui donnera quelques délais pour que les sans-abris puissent trouver une alternative pour se reloger.

      Bises de Gene qui stresse, mais est bien contente de retrouver sa physio 😉

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