PME/TPE z’et petits patrons… encore une belle kohmry !


Bon, voilà, ça me gonfle ! Marre d’entendre la justification des PME et TPE (Petites et Moyennes Entreprises et Très Petites Entreprises) comme contrepoids quand on parle du patronat, qu’on le critique, ces « petites entreprises » étranglées par la fiscalité, par un code du travail trop contraignant, et autres foutaises censées justifier le pire, au nom des pôvs petits patrons qui, eux, n’exploitent pas…

croque-mort

Alors petite explication de texte, concernant cet argument, et hop, je m’y colle (libre à vous de lire)…

Vous entendez, partout, cette justification, les PME et TPE, premiers employeurs de fRance, qui peinent à survivre, et qu’on critique, qu’on amalgame aux grosses boites, les vrais vilains, alors que eux sont gentils, dans le fond, mais ont tellement de mal à s’en sortir…

Sauf que (ben oui, vous vous doutez bien que ce genre d’argument, servi depuis des lustres, me fait bondir…) le sujet mérite qu’on s’y penche un peu, qu’on observe la réalité des montages sociaux de ces entreprises, des donneurs d’ordre, des raison, même, de leur existence et de leur formidable développement ces dernières années !

Car ces PME/TPE sont, quand même, pour une grande majorité, en réalité des sous traitants, des entreprises dépendant quasi uniquement d’un (ou d’une quantité négligeable de) client. Le système est bien fait, les grandes entreprises, les ténors du CAC 40 (et des bourses mondiales), automatisent, ou délocalisent pour une main-d’œuvre corvéable à merci, sans contrainte aucune, ni d’âge, ni de contrat, ni même de salaire puisqu’ils trouvent même des lieux dans lesquels les salaires sont horriblement bas… et encore, la plupart des entreprises délocalisées ne sont même pas la propriété du groupe, mais aussi des sous-traitants (comme à la Rana Plaza, de sinistre mémoire, par exemple…).

Quand ces délocalisations ne sont pas possibles, soit pour une raison matérielle, soit même pour des question soi-disant éthiques (en fait pour des raisons purement commerciales, voire de communication…), là aussi le travail manufacturé, et même mécanisé, n’est plus effectué par les grands groupes eux-mêmes, ceux-ci devenant des entités fantôme, comme c’est le cas d’Apple par exemple, ne possédant aucune usine, n’employant aucun ouvrier, tout, de la conception à la fabrication, étant sous-traité.

Ces sous-traitances n’ont qu’un but, celui d’échapper encore et toujours aux contraintes, aux salaires et charges sociales, aux règlements, et même aux taxes et impôts (pour se faire, l’entreprise passeuse d’ordre n’a qu’à installer son siège social, ou celui de la branche commandant la sous-traitance dans un paradis fiscal… vérifiez, ils le font TOUS, même quand initialement l’entreprise est bien française et que tout, de la conception à la vente, se fera en fRance, les bénéfices ne sont, en fait, pas taxés, puisque, du coup, pas français !).

Ainsi la fabrication, les tâches manufacturées, et toutes les tâches nécessitant main d’oeuvre ne sont plus des contraintes, et deviennent ainsi plus facilement des « variables ajustables », puisque ce ne sont pas eux qui les soutiennent, mais le sous-traitant.

Il va sans dire que, pour imposer un peu plus cette variabilité des charges, il convient que le sous-traitant soit corvéable lui aussi, et ne puisse pas, de son côté, imposer le coût final de l’opération qu’il aura à fournir, ce coût devant rester, pour être contrôlable, la prérogative de la seule grande société.

Ainsi donc, le sous-traitant ne peux être une « grosse » entreprise, ni même dépendre de plusieurs clients, au risque de voir sa santé financière peu impactée par les décisions du client (et notamment celle de réduire le prix d’achat) ! Non, la survie du sous-traitant DOIT dépendre intégralement du donneur d’ordre, pour que celui-ci conserve un droit de survie, et puisse imposer ses désirs sans discussion !

Les sous-traitants ne peuvent donc qu’être des PME ou des TPE, selon les besoins et quantités ! Et si ces PME/TPE sont « premier employeur de fRance » (et encore, c’est à vérifier… ce n’est pas si exact que ça… mais c’est un autre sujet), ce n’est que parce qu’elles se substituent en réalité aux vrais entreprises, celles du sérail, du CAC 40, pour une question de REN-TA-BI-LI-TÉ !

Hop, hop, magie, les grosses boites ne sont pas françaises, et les PME/TPE sont les « premiers employeurs de fRance », même si la réalité est loin d’être aussi évidente…

L’intérêt de ces PME/TPE est, lui aussi, évident… récupérer quelques miettes, une part, fût-elle minime, du gâteau dont se gavent les grosses boites… Les coûts étant fixes, ils connaissent leur marge de manœuvre pour ça, tout en sachant pertinemment que la pression pesant sur eux, du SEUL fait des grands groupes donneurs d’ordre, reste constante, et qu’on leur demande de réduire les dits coûts, soit en réduisant leurs bénéfices, soit en réduisant les charges. Celui qui ne joue pas le jeu est abandonné, purement et simplement, sans frais pour le réel bénéficiaire du système, puisque le groupe qui opère ainsi n’est pas parti prenante dans l’investissement du sous-traitant, et que passer de l’un à l’autre ne lui coûte strictement rien, ni financièrement (ce n’est pas SA boite qui ferme), ni socialement (ce ne sont pas SES salariés qui sont licenciés), et peut même, cerise sur le cheese-cake, lui permettre de réduire encore plus les coûts !

Mais comment réduire ces coûts, quand les charges sociales sont encadrées par les codes, et les charges financières par les taxations du pays ? Simple, en laissant croire que leur survie dépend d’une baisse de ces coûts !

Ce n’est pas, foncièrement, un mensonge, non, c’est même l’exacte vérité ! S’ils ne baissent pas les charges, et le coût du travail et des taxes, ils sont appelés à disparaître ! Mais cela n’est pas dû à une quelconque désaffection pour les produits qu’ils fabriquent, ni même à des baisses de production ou de productivité (ceux-ci enregistrant continuellement des progression, y compris pour la productivité, sans quasiment de baisse sur ces dernières dizaines d’années, depuis le milieu des années 70, en fait, et le bénéfice global résultant de la vente finale des produits fabriqués enregistrant, depuis ces mêmes années 70, une progression continue À DEUX CHIFFRES, soit supérieure à 10 % par an, et ce CHAQUE ANNÉE!)

Le PIB est en constante progression, les bénéfices enregistrés itou, et ce sans interruption ! Les difficultés des PME/TPE n’ont aucun lien avec le bénéfice cumulé des produits manufacturés vendus, ou des services fournis, donc, ils n’ont pas non plus de lien avec les charges financières et sociales, mais uniquement un lien avec l’appétit vorace de leurs donneurs d’ordre qui ont droit de vie et de mort sur eux !

Ainsi, quand on nous affirme que les charges étranglent le petit patronat français, la réalité c’est que le petit patronat français est pressé par ses clients, donc les multinationales, de réduire soit sa marge, soit ses charges, alors que les bénéfices des dits clients augmentent considérablement, et que faute d’une volonté d’empêcher ces potentats carnassiers d’augmenter toujours plus des bénéfices monstrueux, et de détruire la nécessaire répartition, il convient de faire peser sur les épaules des travailleurs le poids de mesures imposées par les puissants pour s’enrichir toujours plus !

Ainsi, quand un gouvernement, comme le fait celui-ci, prétend que la destruction du code du travail est faite dans le but de sauver les PME/TPE, il s’agit en fait bel et bien de maintenir le système tel qu’il est, et donc de préserver les bénéfices des grands groupes, sûrement pas de « sauver » les petits patrons ! Et quand un petit patron pleure, vous désignant, vous, pauvre travailleur ou, pire, bénéficiaire d’aides sociales, comme responsable, il ne fait que répondre favorablement à la volonté des dits grands groupes, et afficher sa servilité volontaire envers un système prédateur !


2 réflexions sur “PME/TPE z’et petits patrons… encore une belle kohmry !

  1. Là, tu soulèves un point tout-à-fait important et trop souvent négligé, même par la masse salariale. Trop contentEs de trouver un boulot, les travailleurs-euses sont prêtes à tout par appât du gain, et cela est d’autant plus vrai dans les pays dits « sous-développés » où là, c’est une question de survie.

    Mais dans nos contrées, cela s’explique d’autant plus mal qu’il y a des métiers, chez les sous-traitants, qui vont disparaître, car le travail à la chaîne n’est déjà pas gratifiant, mais sera de plus en plus remplacé par les robots. C’est pourquoi on table sur 50% de postes de travail en moins d’ici 2030. Il sera alors temps de remettre le revenu de base inconditionnel sur la table des négociations. C’est une question de paix sociale.

    Bises de Gene

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