[Suisse] Deux écrivains vaudois s’opposent à l’expulsion de deux femmes et de quatre enfants victimes de la mécanique inhumaine des renvois « Dublin »


Relais refuge@stoprenvoi.ch du 25 février 2016

Chères et chers soutiens,

Nous vous transmettons une information envoyée aujourd’hui à la presse, relative à l’extension du réseau de parrainages publics de réfugié.e.s menacé.e.s de renvoi au nom des Accords de Dublin.

Elle concerne ici deux femmes et quatre enfants menacés mais l’action du collectif R, par le biais du refuge Saint-Laurent, s’est étendue depuis une année à de nombreuses personnes concernées.

La mécanique des renvois « Dublin » est toujours aussi active et ignoble et la lutte demeure plus que jamais nécessaire: venez donc nombreux-ses manifester le 12 mars à 13h30, place Saint-Laurent!

Avec nos meilleurs messages,

Collectif R



Deux écrivains vaudois s’opposent à l’expulsion de deux femmes et de quatre enfants victimes de la mécanique inhumaine des renvois « Dublin »

Face à la détresse des personnes placées dans la mécanique ininterrompue des renvois Dublin, l’action du Collectif R continue de s’étendre et de rallier des soutiens dans la société civile et auprès des sphères politiques, artistiques et culturelles.

Après Michel Bühler, Claude Calame, Manuel Donzé, Céline Erwhein, Claude Calame et Jérôme Meizoz, notamment, deux écrivains, François Debluë et Christophe Gallaz, décident de parrainer des femmes menacées par des renvois dits « Dublin ».

M. Christophe Gallaz protège une femme érythréenne menacée d’expulsion vers l’Italie et M. Debluë défend une femme afghane et ses quatre enfants, menacés d’un renvoi vers la Hongrie !

Mme M. vit seule en Suisse, avec ses quatre enfants, âgés de 15 ans, 13 ans, 10 ans, et 8 ans, qui sont scolarisés et apprennent le français. Après un long parcours de fuite depuis I’Afghanistan, Mme M. a quitté la Hongrie avec ses quatre enfants pour échapper à son mari violent qui voyageait avec eux. Pour ces motifs, elle ne peut pas retourner en Hongrie où elle a transité, de crainte d’y être une nouvelle fois exposée à la maltraitance. De plus, comme de nombreux témoignages recueillis au cours des derniers mois en attestent, la Hongrie n’est absolument pas en mesure d’accueillir ni de protéger cette famille qui, expulsée de Suisse, se retrouverait laissée à elle-même, et maltraitée. Les enfants n’y ont pas accès à l’école et la famille de Madame M. y serait victime de graves négligences, dans des centres insalubres où l’aide minimaliste ne permet pas de se nourrir correctement et de vivre dignement.

Alors que les images des migrant·e·s en Hongrie ont choqué l’opinion publique mondiale, les autorités suisses s’acharnent à refouler les réfugiées vers ce pays. La prise en charge des personnes migrantes y est non seulement dysfonctionnelle, mais elle viole également en toute impunité les droits humains fondamentaux et se montre totalement contraires aux intérêts de l’enfant.

Si la situation de cette famille révèle les graves manquements de la Suisse face à ses devoirs humanitaires, celle de Mme T. illustre le règne de l’arbitraire et l’aveuglement avec lequel sont appliqués les accords Dublin :

En désaccord avec le gouvernement pour lequel elle travaillait, encourant dès lors de graves dangers, Mme T. a dû laisser son mari et ses enfants derrière elle. Arrivée en Italie, il s’est avéré risqué pour elle de rester sur le territoire, ceci pour des raisons politiques et personnelles, directement liées au contexte de sa fuite. La peur et la solitude l’ont donc poussée à chercher asile en Suisse.

Pas de surprise, les autorités ont été sourdes à sa situation personnelle et à sa vulnérabilité psychique et appliquent désormais d’une main de fer les accords si arrangeants de « Dublin » : Mme T. ne peut envisager de repartir, mais elle doit faire face à une menace de renvoi !

L’action des autorités suisses et du canton de Vaud qui organise les renvois pour ces femmes et ces familles est absolument cynique, inhumaine et inacceptable.

C’est pour montrer leur désaccord face à cette politique de l’autruche et à ces traitements inhumains que Christophe Gallaz et François Debluë ont décidé de parrainer Mme T. et Mme M. et ses enfants.

Le Collectif R continuera de s’opposer avec force à ces renvois et aux mesures perverses qui y sont liées (voir communiqué du 22 février 2016 sur l’assignation à résidence d’un jeune Érythréen). Il peut compter pour cela sur le soutien de nombreuses personnes solidaires prêtes à s’engager comme marraines et parrains de réfugié.e.s. Dans le cas où les autorités vaudoises iraient jusqu’à employer la force à l’encontre de ces personnes, ces derniers montreront toute leur détermination pour empêcher les renvois.

Lausanne, le 25 février 2016

LE PDF : communiqué

 


2 réflexions sur “[Suisse] Deux écrivains vaudois s’opposent à l’expulsion de deux femmes et de quatre enfants victimes de la mécanique inhumaine des renvois « Dublin »

  1. Technoconnerie des fonctionnaires toujours promptEs à se référer au REGLEMENT sur le Territoire….où quand les engrenages du cerveau reptilien prennent la place du coeur, chez des décideurEs qui ont abdiqué toute Humanité….

    je salue et tire mon chapeau à ces « parrains » helvètes. car comme disait Eluard: « Toute caresse, toute confiance se survivent ».

    Abraço do peito do Sam

    Aimé par 1 personne

    1. Il existe bien des initiatives de ce genre, c’est-à-dire, personnelles. Encore faut-il avoir l’appart ou la baraque pour accueillir les gens. Et c’est là qu’une loi plus vicieuse s’introduit dans le paysage helvète, c’est qu’il faut une salle-de-bains indépendante ainsi qu’une petite kitchenette (crois-je pour la kitchnette) afin d’accueillir une personne ou une famille…
      C’est pourquoi, beaucoup d’habitants ne peuvent pas loger des réfugiés.

      Je crois qu’il en est tout autre avec les étudiants… sic!

      Bises de Gene

      J'aime

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