Attentat à Ankara : à qui profite le crime ?!


Non que je sois une adepte de la théorie du complot, mais Erdogan nous a habitué à ses coups foireux, avide de pouvoir qu’il est, le bonhomme !

En effet, il n’est pas vain de rappeler que le sultan turc ne veut pas d’une frontière kurde entre l’Irak et la Syrie, soit sur sa partie sud de l’empire ottoman. De là à dire que tous les coups sont permis pour que son vœu se réalise, il n’y a qu’un pas !

Comment en est-on arrivé à cette conclusion ?!

Tayip Recep nous a montré qu’il était prêt à user de sa force contre tout opposant à son régime.

On a pu le constater lors de son peu d’interventionnisme lors de l’attentat à Antioche – Antakya-Reyhanli, région d’Hatay, un bastion hors vue pour apprentissage des techniques de guerre pour les combattants de daech – en 2012

On l’a vu dans toute sa splendeur sur la place Gezi, lors des mouvements protestataires en 2013

Il l’a montré à Ankara, lors de la manifestation des jeunes socialistes turcs et kurdes de Suruç en juillet 2015, où ses forces de polices – pourtant au courant – ne se sont pas mobilisées ou alors, que sur le tard.

Et ce qui est moins montré par les médias occidentaux, c’est son interventionnisme militaire actuel sur les villages kurdes de l’Est Sud-Est de la Turquie. (J’avais des liens, mais impossible de les faire fonctionner, même une semaine après la diffusion des deux mini-reportages. Y aurait-il de la censure dans l’air ?)

Sans compter ses autres coups bas à bas coûts pour la famille Erdogan mouillée jusqu’au cou dans ses histoires de corruption qui ne sapent pas son régime kleptocrate.

Bref, si on met en relief le peu de motivation des militaires turcs à aller au combat contre la Syrie – n’omettitons point que l’armée fut, jusqu’il y a peu, la garante de la laïcité de la Turquie – il y aurait là de quoi se poser quelques questions auxquelles nous n’avons pas de réponses toutes faites.

Mais si l’on songe un tant soit peu que la garnison militaire se trouve à deux pas du Parlement turc – 800 mètres séparent l’entrée du gouvernement de celle de la base militaire – on se dit que c’est un endroit qui doit être très très sérieusement gardé par toutes les instances policières de tous les services gouvernementaux confondus.

Pour l’instant, nous ne savons que deux choses :

La première est que Daech – ou l’EI – ne revendique jamais ses attentats sur le territoire turc. Se rappeliter l’attentat d’Istanbul en janvier 2016 où les cibles étaient clairement touristiques.

La deuxième est que le PKK revendique ses attentats.

La troisième – un peu plus obscure – est la visite de courtoisie de la part de quelques membres des services secrets turcs à l’État islamique la semaine passée.

Par contre, ce qui devrait nous interpeler, c’est la rapidité avec laquelle le président turc met l’attentat d’hier – qui a quand même visé un car d’officiers et de fonctionnaires militaires à l’heure de sortie des heures de bureau – sur le dos des Kurdes, et notamment sur le dos du PKK, alors que la prudence devrait être de mise dans de telles circonstances pour le moins confuses. D’autant que « la riposte » militaire turque ne s’est pas faite attendre sur le front turco-syrien où les Kurdes – pourtant alliés des USA et des Russes et, accessoirement, d’Al Nostra – se sont faits bombarder toute cette nuit et ce, sous la houlette du sultan ottoman qui pousse des cris d’orfraie pour ameuter ses « Alliés » de l’OTAN.

Mais écoutons plutôt – pour essayer d’y voir plus clairGérard Challand, interview diffusée hier mercredi 17 février 2016 sur la RTS la première

Difficile de voir clair dans l’imbroglio syrien

Il n’est plus franchement question de cesser les hostilités quand on évoque la Syrie, comme au sommet de Munich, mais plutôt d’escalade et d’internationalisation du conflit. Il devient difficile d’y voir clair. Interview de Gérard Chaliand, géostratège, spécialiste du Moyen-Orient et du Kurdistan.

erdogan_mix et remixMix et Remix

Aux dernières infos, ce serait un jeune Syrien qui aurait fait cet attentat. Bien informé, le jeune !

Sur ce, je retourne à mon scanner qui ne scanne toujours que dalle !


3 réflexions sur “Attentat à Ankara : à qui profite le crime ?!

    1. D’autant que plus d’un jour plus tard, le parti kurde irako-syrien revendiquait l’attentat. C’est fort de chocolat lorsqu’on a déjà vu cette place forte en dehors des situations de crises. Y aurait-il des taupes au sein du gouvernement ???

      Bises de Gene

      J'aime

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