1984 – 2014 : constat sur Bhopal 30ans plus tard : PAS BEAU !


Bhopal

Il y a 30 ans, quelque part en Inde, une usine américaine de pesticides pète et laisse échapper ses gaz sur la ville endormie. 40 tonnes d’isocyanate de méthyle enveloppent les quartiers – devenus depuis des bidonvilles où les gamins s’y amusent pour autant qu’ils aient encore leurs bras ou leur jambes – les plus proches de l’usine.

L’isocyanate de méthyle, késako ?

L’isocyanate de méthyle est un composé organique qui entre dans la composition des carbamatesou insecticides, pour celles et ceux qui ne sont pas encore très réveilléEs – et qui commence à bouillir à 39°C. Il devient alors instable et hautement inflammable. Pire, l’isocyanate de méthyle n’aime pas l’eau. Ce sera tout pour la petite explication sévèrement vulgarisée pour ne pas devenir chiante. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’ils ont eu chaud… pas de néonicotinoïdes dans le coing ! Ouf !

Bhopal, ce sera une des catastrophes écologiques les plus meurtrières du monde et encore aujourd’hui, l’usine Union Carbide se force à toujours ne rien foutre pour décontaminer le site, à part mettre une bâche plastoc sous la terre afin d’éviter de polluer le sol. Ainsi, 30 ans après cet effort titanesque qui a quand même coûté 2 millions de $ US en 1994, des pesticides et des métaux lourds souillent encore les eaux de certains quartiers de la ville. On trouve ainsi du mercure à un taux 24 fois plus élevé à la sortie d’une pompe à 3 km du site et dans le Valais, on sait très bien que du mercure mélangé à de la flotte, ben c’est pas bon pour la santé.

Et puis merde, quoi ! Union Carbide a déjà fait en sorte que ce soit sept cadres indiens qui soient condamnés pour négligence, a déjà versé 470 millions de $ US en 1989 – soit 400 $ US par tête de pipe encore en vie – et le patron, Warren Anderson, qui est le principal accusé dans cette affaire sans pour autant se présenter devant un tribunal indien, a cassé sa pipe en septembre à l’âge de 92 ans.

Bhopal1Bhopal Today!

Alors bon, on parle bien que nettoyer le site demandera du temps, des $ US et des dizaines de milliers de tonnes de terres à traiter ; mais entre ce qui se dit et ce qui se fait, on connaît la chanson. Il est connu qu’il est plus facile de semer la crème que de la ramasser. À noter zossi que Union Carbide, devenue Dow Chemicals depuis, préfère dépenser son pognon chez les cabinets d’avocats et juristes de haut vol que de se bouger le Q pour enfin tenter de trouver une solution à un problème ma fois, monumentalement titanesque.

Qu’en est-il du gouvernement régional du Madhya Pradesh ?! Pour eux, pas de problèmo, il n’y a pas de contamination, donc on ne doit pas commencer à leur chercher des poux dans la tête. D’ailleurs c’est simple, depuis l’explosion de l’usine chimique de Bhopal dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, il n’y a plus de poux dans la zone ! On saluera quand même la Cour de justice qui, depuis 2005, force les autorités à fournir de l’eau plate et potable aux habitants.

N’oublions pas les victimes qui se comptent par milliers – voire par centaines de milliers aujourd’hui – pour lesquelles un bon foutage de gueule est versé de la part des responsables, autant par ceux de la chimie que par ceux qui ont gouverné cette province.

Et pour les djeunzs qui sont nés dans les années 1980, voici le documentaire qui permet de comprendre ce qui s’est passé ce jour-là….

VIDÉOS

Épisode 1

Épisode 2

Épisode 3

Épisode 4

On attendra 2024 pour en reparler!

The Bhopal medical appeal


2 réflexions sur “1984 – 2014 : constat sur Bhopal 30ans plus tard : PAS BEAU !

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