les AZA

Les AZA subversifs


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MONDIALISATION CRIMINELLE: La Mer Noire, matrice des transmigrations féminines – 2


(Suite de l’article du 23 avril 2014: MONDIALISATION CRIMINELLE: La Mer Noire, matrice des transmigrations féminines – 1)

MONDIALISATION CRIMINELLE

frontière franco-espagnole de La Junquera à Perpignan

De Alain Tarrius et Olivier Bernet

LE LIVRE

SOMMAIRE

CARTES

NOTES

BIBLIOGRAPHIE RESTREINTE

DES MÊMES AUTEURS

REMERCIEMENTS

Transmigrations féminines pour le travail du sexe

 

1.3. Prendre la route par l’école buissonnière: Sardinella.

Verbatim:

 

«Après 1989 mes parents avaient renoué avec la tradition familiale catholique. Ils me firent donc baptiser cérémonieusement par un prêtre italien A mon prénom chrétien on ajouta celui de «Sardinella» , un peu par dérision… celui là même qui allait me rester ; j’étais grande, très maigre avec une petite tête et des yeux ronds: «ni bonne à griller , trop sèche, ni bonne à saler, trop longue : ni sardine ni anchois, c’est une sardinelle» avait dit le prêtre ; et je suis restée ainsi. Avec mon surnom, que j’aimais bien…

C’est à quinze ans que l’envie me vint de partir pour l’Italie. Ici, dans le nord de l’Albanie nous sommes très liés à la région de Tarente et Brindisi; les religieux et les bonnes sœurs qui viennent chez nous attirent là-bas des travailleurs saisonniers ou définitifs. Pas les voyous musulmans qui vont dans les Abruzzes, de bons ouvriers agricoles et des pêcheurs aussi catholiques que les Italiens.

Alors je suis passée par les religieuses. C’était la voie. Deux années de messes et de vêpres. Et puis le grand jour : le noviciat à Tarente. On s’est embarqués à Durrës, pour Brindisi, trois religieuses italiennes, un curé et moi, en robe blanche de novice.

Arrivés à Tarente j’ai été en noviciat une année dans un grand appartement bourgeois aménagé en couvent; une vie tranquille mais un peu triste. L’Italie était dehors…. si tu vois ce que je veux dire. J’avais dix huit ans, et on m’a donné, lors d’une petite fête, des papiers de résidente. Mon bonheur était fait, celui de ma famille aussi.

Mais le soir même je m’enfuyais dans les rues de Tarente, précipitant dans le malheur tous ceux qui, au même moment, me fêtaient.

Dans cette ville, lorsque tu es en rupture avec les religieux, les bourgeois et ta famille, tu n’as pas de choix, il faut habiter sur l’île, entre les deus bords de la lagune et en face du Golfe. Il y a là de vieux immeubles de trois ou quatre siècles, complètement pourris et peuplés de zombies qui sortent la nuit pour la came. Vers le Golfe des remparts d’environ dix mètres et vers la lagune le port de pêche et la grande criée aux poissons.

Le quai est large et l’eau affleure. Il y a un café tabac pour des fainéants ivrognes, de ceux que la mafia n’a même pas voulu employer pour nettoyer la criée. Et des types alignés contre les vieilles façades, les mains dans les poches, bien écartées, de huit heures du matin jusqu’à la nuit.

Ensuite, c’était ma vie qui commençait…

C’est là que j’ai rencontré Emilio, un faux dur de vingt deux ans qui travaillait de temps à autre avec un pêcheur qui lui fourguait un peu de mauvaise coke et des poissons invendables pour le payer. Autant te dire qu’Emilio, il a tout de suite été pour moi. Il était petit et gros, alors, tu vois le couple. Mais depuis trois ans qu’il rôdait dans le coin il s’était fait une niche dans un vieil immeuble qui ne prenait pas la flotte. J’ai trouvé un petit boulot à la criée et nous avons vécu comme des oiseaux au nid, ou comme des rats au fond du trou, c’est selon qu’on voit la vie comme deux tourtereaux adolescents ou comme deux adultes ratés; là il s’agissait bien de ratage Pas de dérapage, tu vois, un virage raté au dessus d’une falaise, et depuis sept ans je n’en finis pas de chuter vers le fond de je ne sais quel précipice. Une accumulation de ratages dont le premier et le plus important, je le sais aujourd’hui, fut le refus de rester à Shkodra avec mon frère aîné qui avait déjà le projet de créer une entreprise de transformation alimentaire. Il me proposait d’être sa commerciale. Mais tous, autour de moi, avaient condamné son égoïsme, le soupçonnant d’intentions sordides à mon égard et diffusant de sales rumeurs contre lui. On disait qu’il me volait à Dieu: en fait il m’aurait sauvée… Quel ratage, mais quel ratage!

Emilio et son pêcheur m’expliquèrent qu’il serait bon pour tous que je travaille trois ou quatre heures, jusqu’à minuit, en me vendant dans la grande barque de pêche qui possédait une minuscule cabine «tu n’as pas besoin de t’allonger, les clients ils préféreront que tu fasses tout ça à genoux» me dit le pêcheur en riant. Comme ils m’aimaient bien ils m’expliquèrent encore que je ferais la passe avec de la coke: à moi de la doser pour que le cave s’énerve sans pouvoir passer à l’acte; et surtout qu’il ne s’endorme pas. Et pas d’over dose sinon il faudrait les jeter dans la lagune – ce qui n’est jamais arrivé-. Disons qu’une fois sur deux j’évitais les envies de mes clients; à ceux qui revenaient et qui demandaient leurs fantasmes (…), je disais que j’avais le Sida, mais qu’ils ne risquaient rien car j’allais me laver à l’eau de mer qui nous entourait, et qui est une des plus polluées d‘Italie; la coke leur suffisait alors. Et je ne les revoyais pas. Cette histoire de coke, c’est les mafieux qui nous l’avaient demandé: «pour plus tard; ça pourra servir» avaient-ils dit. Nous avons vécu quelques mois ainsi, Emilio avec quelques surplus de coke et mes sous et le pêcheur avec son commerce de dop

barque

(article référence du 13 avril 2014: MONDIALISATION CRIMINELLE)

 

 

 

 

 


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LE GRAND BOND EN ARRIÈRE


Par Eva Lock Kawa

VIDÉO

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Un nouveau commentaire vient d’être posté sur la note "Le grand bond en arrière" du blog "ZEC plus ultra" :
"Friedrich Hayek ou le combat du siècle- Les Echos: "
"Ils étaient à la fois adversaires résolus et amis respectueux. Face à Keynes, l’architecte de l’interventionnisme étatique, Hayek restera dans l’Histoire comme l’artisan du libéralisme économique. Un combat acharné qu’il aura mené toute sa vie, au prix d’une longue traversée du désert et de sévères dépressions
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Hayek se met à polémiquer contre les autorités municipales et nourrit alors une forte rancoeur contre le parti social-démocrate, incapable de gérer la crise. «Son antisocialisme intransigeant éclaire très tôt son individualisme et sa foi dans le libéralisme», relèvent Christian Ellebode et Hubert Houliez. Pour Hayek, toute préoccupation de justice sociale se fait au détriment de la liberté. Les pouvoirs publics devraient donc s’assigner pour seule fonction de faire respecter un «Etat de droit» qui protège la propriété et l’économie de marché.
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Jusqu’à sa mort, Hayek n’aura de cesse de réhabiliter le libéralisme comme philosophie politico-économique. Son dernier livre, «La Présomption fatale: les erreurs du socialisme», est conçu comme un ultime manifeste. C’est son ouvrage le plus accessible et à la fois le plus sujet à controverse. «On ne peut aborder l’oeuvre de Hayek en faisant abstraction de ses propres partis pris politiques, relève Gilles Dostaler. Mais ils ne doivent pas nous empêcher de reconnaître la grande richesse d’une pensée incontournable pour comprendre l’évolution des idées politiques, sociales et économiques de ce dernier siècle.» Il faut reconnaître aussi l’extraordinaire érudition de ce penseur polyvalent, sa rigueur et son honnêteté intellectuelles, une fidélité sans faille à ses convictions, même lorsqu’elle risquait de le mettre au ban de la communauté académique, son opiniâtreté dans le combat politique qu’il a mené toute sa vie. Hayek vécut assez longtemps – il est mort en 1992 – pour voir s’effondrer l’Union soviétique. Il aurait sans doute mal vécu le triomphe des thèses keynésiennes après la crise financière. Mais qui sait, le retour de balancier pourrait remettre prochainement ses ouvrages à la mode.""
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POUR LES 60 ANS DE MUMIA ABU-JAMAL ET EXIGER SA LIBERATION, 18h Place de la Concorde


Par Dom15

JEUDI 24 AVRIL A PARIS,

RASSEMBLEMENT PLACE DE LA CONCORDE!

POUR LES 60 ANS DE MUMIA ABU-JAMAL ET EXIGER SA LIBERATION

A 18 HEURES FACE AU CONSULAT DES ETATS-UNIS
ANGLE JARDIN DES TUILERIES / RUE DE RIVOLI – METRO CONCORDE

MANIFESTEZ VOTRE SOLIDARITÉ EN LUI ENVOYANT UNE CARTE «HAPPY BIRTHDAY MUMIA»

MUMIA ABU-JAMAL
AM – 8335 / SCI Mahanoy
301 Morea Road
Frackville, PA 17932
USA


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La Marque Bio Segolène Rôyale


 

Sur une idée soufflée par Eva Lock Kawa

twitt_royaleTwitts ridicules

 

Selon diverses sources des merdias qui reprennent d’autres sources d’autres merdias, Mâdâme S-égo-lène Royale invite son personnel politique à restreindre leurs mouvements en sa présence.

Ainsi, la Mînîstre de l’Ecôlôgie sanfraises, d’idéologie socialiste ne l’omettons point, sollicite son personnel féminin à se vêtir d’une tenue décente.

Il est aussi dit que Mâdâme Rôyale requiert la présence d’un pauvre huissier fort bien habillé et muni d’une herse avec laquelle il tapera les trois coups avant d’annoncer que sa Mâjesté arrive et les employés de se lever comme un seul homme alors que son altesse pénètre dans son cabinet. Le pelé qui sera surpris en train de se curer le nez sera de suite remercié.

Le personnel ne doit en aucun cas fumer ou vapoter dans la cour dès que Mâdâme se promenasse dans les jardins afin de sentir les pivoines et se rappeler ainsi les devoirs de sa fonction qu’est l’Écôlôgie.

Mais il semblerait que le bruit gênasse aussi Sa Grandeur. Il est dès lors ordonné aux conseillers de la Mînîstre de la mettre en veilleuse dès que leur Maîtresse déjeune dans le salon. Et si un besoin urgent se fait sentir, il est alors fort recommandé d’emprunter le couloir opposé pour aller quêter une autre salle d’aisance afin de se soulager. En effet, le Pâlais étant fort mal isolé, un bruit de pas feutré dans le couloir adjacent au Cabinet de chiotte risque de déclencher les foudres de Celle qui mange son met ma fois, fort délicat.

Bref, si tout le monde se met au pas monarchique de cette Dâme qui représente désormais l’ Écôlôgie sanfraise, il est fort à parier que ce ministère trouvera le faste qu’il n’a jamais eu!

Gene

reine_sego

 

 

Sauf que Ségolène Royal n’est pas une adepte du bio.
Elle ne se revendique pas bio (et ne l’est pas)
Ecolo à la mode mollassonne et socialo, (c’est-à dire fort peu convainquante et faisant moult allégeances aux multinationales, libérales et tutti quanti) sans doute !
Comme me disait Dominique Berttinotti que j’ai rencontrée dans le 4° arrondissment : "on est bien obligé de faire avec le capitalisme"(!!)
Eva

 


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Ne pas être complice de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité


geneghys:

complexe industrialo-économique entre Helvètes et Israéliens

Originally posted on Entre les lignes entre les mots:

1Les drones constituent un des fleurons de l’industrie d’armement et de surveillance israélienne. Le Conseil fédéral helvétique prévoit d’en acheter à Israël.

BDS Suisse indique : « il est important de réagir contre un achat qui souligne une fois de plus la complicité des autorités suisses avec la poursuite de la politique répressive d’Israël à l’égard des Palestiniens ». D’autant que « Les rapports de la Banque mondiale montrent sans équivoque que, alors que tout développement économique et social de la population palestinienne est empêché, notamment dans les territoires occupés et que la pauvreté y est endémique, l’industrie d’armement et de sécurité est en plein essor en Israël depuis une dizaine d’années. Chaque nouvelle opération militaire dans la bande de Gaza, mais aussi des frappes militaires contre des pays voisins, profitent aux caisses des entreprises privés et étatiques de cette industrie et lui apporte de nouveaux contrats ».

L’éditorialiste, ajoute « 

Voir l'original 470 mots de plus


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LIBERTÉ pour les prisonniers argentins emprisonnés À 14H LE 26 AVRIL 2014


 

Par Eva Lock Kawa

En 2013, 4 travailleurs de Las Heras ont été condamnés à perpétuité, Ramon CORTEZ, José ROSALES, Franco PADILLA et Hugo GONZALES, et 6 autres travailleurs à 5 ans de prison suite aux émeutes de 2006 où est mort un officier de police.

Suite sur PDF en téléchargement: tractargen-2

RASSEMBLEMENT À 14H LE 26 AVRIL 2014

DEVANT L’AMBASSADE D’ARGENTINE

ANGLE DES RUES CIMAROSA ET KLEBER

METRO BOISSIERE

liberte-Argentins-avril2014

 

 

 

Il risque jusqu’à 4 ans de mariage après avoir dragué sur internet

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Mythique!
cette vidéo est du Mythe, de l’ Art brut, pas façon Dubuffet, mais bien à la manière d’ Emile Armand:

« Chaque homme ou femme disposant de sa vie sexuelle, et ce sans restrictions ni réserves, il ne peut y exister théoriquement de jalousie. Pratiquement, cependant, l’absence de jalousie ne se réalise qu’à condition que l’atmosphère éthique qui baigne ce milieu soit révolutionnaire, quant à la conception de la liberté de l’amour. » (La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse, 1934)

E Armand: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Armand

Le Gorafi nous en dit plus sur la mésaventure de ce jeune homme qui se laisse driver par ses gonades…

http://www.legorafi.fr/2013/11/12/il-risque-jusqua-4-ans-de-mariage-apres-avoir-drague-sur-internet/


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MONDIALISATION CRIMINELLE: La Mer Noire, matrice des transmigrations féminines – 1


(Suite de l’article du 19 avril 2014: MONDIALISATION CRIMINELLE: Femmes et réseaux criminels, de la Mer Noire au Levant ibérique – 2)

MONDIALISATION CRIMINELLE

frontière franco-espagnole de La Junquera à Perpignan

De Alain Tarrius et Olivier Bernet

LE LIVRE

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CARTES

NOTES

BIBLIOGRAPHIE RESTREINTE

DES MÊMES AUTEURS

REMERCIEMENTS

Transmigrations féminines pour le travail du sexe

1- La Mer Noire, matrice des transmigrations féminines des Balkans et du Caucase vers l’Espagne et les nations nord-européennes.

Les propos de cinq jeunes femmes, très représentatives des quatre trajectoires type vers le Levant ibérique, illustreront les analyses qui suivent(18). Magdalena, Ukrainienne originaire d’une petite ville entre Kiev et Odessa; ses parents sont des employés municipaux, militants contre l’influence russe. Elle est, à 18 ans, l’aînée des quatre filles au foyer. Irina et Sofia sont les deux filles d’un couple d’agriculteurs macédoniens proches de la frontière Bulgare, orthodoxes pratiquants. Leur séjour sur la Mer Noire s’effectuera à 17 et 16 ans. Sardinella, fille d’agriculteurs catholiques du nord de l’Albanie, partira à 17 ans directement vers l’Italie du Sud afin de rejoindre une congrégation religieuse. Dana, Roumaine, sans aucune attache.

1-2. La découverte de l’altérité: premières hiérarchisations professionnelles, premières transmigrations lointaines.

Magdalena, deux entretiens «Dix huit ans, mes diplômes professionnels pour l’entretien des collectivités en poche et pas de travail.(…)Une occasion au mois de mai: faire la saison sur un bateau touristique russe qui circule entre mai et octobre d’Odessa à Sochi [port touristique russe], Trabzon, en Turquie, tout près de la Géorgie, et Varna, en Bulgarie(…) les étapes duraient sept jours dans des hôtels moyens; deux jours dans les petits ports intermédiaires; le personnel était hébergé à bord.(…) Il y avait des femmes de partout autour de la Mer Noire; il était évident qu’elles se prostituaient dans les ports d’escale, avec des clients des croisières mais aussi avec des hommes des ports, des marins, des touristes.(…) Pendant les longues escales j’allais manger avec elles: des marins des cargos à quai venaient, et aussi des passeurs de matériel du Golfe, Kurdes, Iraniens et surtout Afghans (…). On se mélangeait et on devenait tous amis, chrétiens et musulmans, Arabes, Turcs, Hongrois, Polonais, Géorgiens et d’autres; on était un monde à part, le peuple des ports et de la Mer(…) au début j’avais l’impression de me noyer, mais vite j’ai compris que c’était la vraie liberté; on parlait toutes les langues à la fois, avec un fond d’anglais [pidgin de broken english]. (…) J’ai commencé à travailler à l’escale de Trabzon, comme les autres filles que j’avais vu faire à Sotchi et à Soukhoumi, qui travaillent aussi sur les bateaux de tourisme pour des salaires de misère. (…) au fur et à mesure des croisières, des copines, les plus débrouillardes partent pour le Golfe ou l’Europe de l’Ouest, vers des maisons de passe de luxe; d’autres stoppent en route dans un port avec un homme qui leur plait ou pour travailler sur place, dans tout ce qui peut t’héberger dans les ports.(…) comment aurais-je pu rentrer chez moi?».

Irina «C’est devenu sérieux quand on a fait, Sofia et moi, le stage de trois mois sur le cargo mixte qui faisait Burgas- Trabzon(…). Nous étions dans la même école, dans la même classe.(…)nous avions commencé de temps à autre à monter un touriste dans notre chambre, le travail pour le service du soir dans le restaurant ne rapportait que 60 € chacune par mois et c’est ce que nous faisions payer à un touriste pour une nuit.(…) Sur le cargo, il y avait plein d’Arabes qui faisaient du trafic pour rentrer en Europe plein de marchandises, du cuir, de l’électronique, etc..(…). On a de suite sympathisé et on les retrouvait, tous les quatre jours, et pour deux jours, au port de Trabzon: la zone, les marins de partout et les trafiquants de drogue et de machines, sont là, dans la ville basse du port commercial, pas le port des russes, pour le commerce des gadgets-plastique, ni le port de pêche; le port et les rues autour, restos, hôtels borgnes, surchargés de putes, et au milieu l’hôtel — de luxe, avec des riches Russes et des plus riches touristes des Emirats.(…)Nous avons cessé d’être des gourdes, à rechercher des touristes riches; nous avons appris à aller avec tout le monde parce qu’ ils étaient tous sympathiques au port et sur les bateaux. On a appris à parler avec n’importe qui (…). On attendait avec impatience les deux jours à Trabzon où on gagnait de plus en plus au fur et à mesure qu’on connaissait du monde….(…) quand on est rentré à Sofia, le stage fini, notre logeur nous a proposé un appartement avec accès direct à la rue, et s’est chargé de nous trouver ‘un départ pour l’Espagne’: comment savait-il?».

Ces propos sur le passage par «les territoires maritimes» de la Mer Noire furent usuels parmi nos cent vingt interlocutrices; il s’agit d’illustrations conformes aux descriptions de la moral area urbaine du Chicago nocturne faites par Robert Ezra Park: rencontres dérogatoires à l’organisation des échanges diurnes, mêlant à partir d’incessantes mobilités des populations souvent fortement différenciées et contribuant aux transformations collectives de l’ordre urbain. Mais, alors que les socio-anthropologues de l’Ecole de Chicago faisaient de la métropole le lieu où convergeait le monde, nous sommes ici devant un «espace de mœurs» d’une toute autre amplitude, à même d’attirer d’importantes populations de migrants, entre autres soixante mille Baloutches afghans et iraniens (19), autant de Polonais et Ukrainiens, etc… et de les transformer en groupes cosmopolites de transmigrants, prêts à traverser les «nations Schengen». Migrations ethniques à l’arrivée, «englouties» par les ports de la Mer Noire et rendues comme transmigrations cosmopolites… Les jeunes femmes attirées par cet espace y découvraient de nouvelles proximités entre elles sur le mode du dépassement des altérités et une première hiérarchisation de leurs destinations de travailleuses du sexe. Nos entretiens ont identifié le groupe de celles directement appelées dans les Emirats du Golfe, puis celles directement transférées vers le Sud du Levant espagnol, dans des clubs prostitutionnels de haut standing, et enfin celles, nous le verrons pour Magdalena et Sardinella, qui faisaient étape en Italie du Sud, comme dans une stage de rattrapage, avant de rejoindre le Levant espagnol, et enfin les «recalées de l’altérité» qui peuplent les lupanars turcs, bulgares, russes ou des autres nations voisines de la Mer Noire.

Les «recruteurs», lorsqu’ils sont désignables individuellement, comme dans le cas des sœurs macédoniennes-bulgares, sont des loueurs ou concierges d’appartements pour étudiants, des marins compagnons de route, des taxiteurs, etc.., manifestant la capacité de fusion des opérateurs criminels avec le corps social ‘ordinaire’: «démocratisation des mafias» disent ces recruteurs. Il est à noter encore que ces femmes passent rapidement à la consommation de l’héroïne pour assumer leur fatigue (20); arrivées en Espagne, certaines d’entre elles préféreront consommer de la cocaïne dont le prix est alors compétitif avec celui de l’héroïne. L’étape italienne décidera de ces bifurcations.

travailleuses_sexe

(article référence du 13 avril 2014: MONDIALISATION CRIMINELLE)

 

 

 

 

 


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Débat sur l’euro dans le 20ème! jeudi 24 avril 2014 à 19h


Par Eva Lock Kawa

Débat sur l’euro dans le 20ème!

Lieu : Paris 20e

«Que faire face à l’euro et à l’austérité?»

Le Front de Gauche a lancé sa campagne pour les élections européennes.
C’est l’occasion de manifester avec force notre lutte contre l’austérité.
Au sein de cette lutte, une question qui divise: "Doit-on sortir de l’euro? ", "Peut-on le changer de l’intérieur?"
C’est pourquoi nous vous invitons à en débattre le Jeudi 24 Avril au Lieu-dit à 19h00.
Nous en débattrons en présence de:
  • Dominique Plihon (ATTAC / Les Économistes Atterrés)
  • Denis Durand (Économiste du PCF)
  • Frédéric Lebaron (Sociologue, membre de SAVOIR/AGIR)

Lien : http://paris.demosphere.eu/rv/32624

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